Le Crédit Mutuel échappe à la vague de dégradation initiée par Moody’s
Dans le cadre de sa mise sous revue mi-février de 114 établissements financiers, Moody’s a annoncé vendredi qu’elle avait abaissé les notes de la dette à long terme de la BPCE et d’Oddo & Cie de deux crans à respectivement A2 et Ba1. Les notes de quatre filiales de BPCE ont également été abaissées, dont celle de Natixis. Les perspectives sont en revanche stables pour les deux établissements, à l’exception du CFF, filiale de BPCE, dont la note de solidité financière est sous perspective négative.
Dans le même temps, Moody’s a confirmé les notes à court et long terme du CIC, tenant compte de la solidité du groupe Crédit Mutuel dans son ensemble, ainsi que celle de la Banque fédérative du Crédit Mutuel (BFCM), la holding de tête du groupe CM-CIC, à Aa3. Même si la note de solidité financière est abaissée, le groupe mutualiste échappe donc au mouvement de dégradation qui a affecté la plupart de ses concurrents en Europe. Moody’s a aussi confirmé la note de long terme Aa3 de Crédit Mutuel Arkéa, l’autre grande fédération de Crédit Mutuel, avec perspective stable. L’agence relève l’exposition limitée de l’établissement aux pays qui subissent les plus fortes pressions.
Concernant BPCE, Moody’s justifie sa décision par la dépendance «structurelle» du groupe au financement de gros, particulièrement à court terme, que l’agence considère comme une faiblesse de par «le risque accru des possibles dysfonctionnements compte tenu de l’environnement économique actuel, défavorable et incertain». Le ratio des prêts sur dépôts du groupe était de 143% fin 2011, en raison du poids de Natixis.
La baisse de la note d’Oddo tient quant à elle à l’affaiblissement de la rentabilité de l’établissement et à la vulnérabilité de ses revenus en raison de son exposition aux marchés des capitaux par le biais de ses activités de courtage et de gestion d’actifs. L’agence souligne néanmoins sa solidité financière en termes de fonds propres et de ressources en capital, ce qui peut lui permettre de «résister à un accès plus restreint au marché pendant une période largement supérieure à douze mois ainsi qu’à des pertes éventuelles».
Considérées comme de grandes banques internationales, BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale attendent encore le verdict de l’agence, qui passe en revue depuis février les principaux systèmes bancaires. La décision pourrait tomber d’ici à fin juin, avec des dégradations attendues.
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