Le Crédit Mutuel-CIC prend ses pertes sur la dette grecque
Michel Lucas a encore pris tout le monde de vitesse. Le Crédit Mutuel-CIC, qu’il préside, est la première banque française à publier ses comptes semestriels, avant la salve attendue la semaine prochaine. Et comme la Compagnie nationale des commissaires aux comptes l’a demandé, la banque a provisionné au 30 juin une partie de son exposition à la dette grecque à cause du deuxième plan d’aide à Athènes signé le 21 juillet. Un plan qui doit se traduire, pour les créanciers privés, par une réduction de 21% de la valeur actuelle nette des titres arrivant à échéance d’ici à 2019.
Le CM10-CIC regroupe dix fédérations de Crédit Mutuel, ainsi que le CIC et des filiales comme Cofidis. Sur ce périmètre, le groupe «a constaté une charge nette d’impôt de 76 millions d’euros sur son portefeuille de titres concernés par le plan de soutien». A fin 2010, sur un périmètre quasi-identique, le CM-CIC annonçait 0,6 milliard de risque souverain grec. Au 30 juin, après dépréciation, ce montant est de 481 millions pour la partie bancaire, et de 264 millions pour les filiales d’assurance.
Le gros de l’exposition vient en fait du CIC, qui a passé à lui seul une charge nette d’impôt de 70 millions et ramené son exposition à 448 millions. Le groupe ne communique pas les montants des dépréciations brutes, ni la répartition de ses encours entre portefeuilles de trading et bancaire. La charge brute peut être évaluée, pour le CIC, à près de 100 millions en appliquant le taux d’imposition (29,2%) de la banque au premier semestre. Soit une perte d’environ 18% de l’exposition totale, supérieure en proportion à celle constatée mercredi par Deutsche Bank.
Ces chiffres permettent de relativiser la question grecque pour un groupe de la taille du Crédit Mutuel. Le CM10-CIC, qui n’a pas fait l’objet des tests de résistance européens, a dégagé au premier semestre un résultat net de 1,25 milliard (+5%). Il affiche au 30 juin un ratio de solvabilité tier one de 11,2% et 21,5 milliards de capital prudentiel.
Les résultats montrent aussi à quel point le groupe a travaillé sur sa liquidité. Sur un an, à périmètre constant, l’encours de crédit du CM10-CIC progresse de 3,9%, trois fois moins que les dépôts au bilan (+11,4%). Dans le réseau CIC, le ratio de crédit sur dépôts a été ramené en 12 mois de 163% à 145% selon nos calculs. Revers de la médaille, la collecte d’assurance vie plonge.
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