Le Crédit Mutuel Arkéa continue à rééquilibrer son bilan
Comme pour l’ensemble des banques françaises, les turbulences de l’été 2011 ont servi de rappel à l’ordre au Crédit Mutuel Arkéa. Le groupe mutualiste s’est engagé depuis dans une politique de rééquilibrage de son bilan, qui a encore trouvé au premier semestre 2013 une traduction spectaculaire. Le ratio d’engagement de la banque, mesure des crédits bruts sur les dépôts, a baissé de 11 points en six mois pour s’établir à 117% fin juin, selon l’actualisation du document de référence que la banque a déposée en début de semaine.
En incluant la Banque privée européenne (BPE), cédée depuis à la Banque Postale et davantage pourvoyeuse de crédits que de dépôts, le ratio s’élevait même à 134% fin 2012. Il avait culminé à 159% en juin 2011. Pour le ramener dans la moyenne du marché français, Arkéa a accentué ses efforts de collecte d’épargne, qu’il s’agisse des entreprises ou des particuliers à travers, notamment, sa banque en ligne Fortuneo. Un effort synonyme de rémunération plus attrayante pour le client. Au premier semestre, sur un an, la collecte d’épargne bancaire rémunérée a bondi de 78% à 2,44 milliards d’euros. L’épargne hors bilan retrouve aussi des couleurs, avec une hausse de 34% en épargne financière (750 millions) et un retour à une collecte positive de 450 millions en assurance vie.
Dans le même temps, la production de crédit s’est repliée de 7,3%, avec des reculs sur tous les segments de clientèle, même si les encours progressent encore de 0,5%. Le groupe breton, qui a rempli son premier objectif d’amélioration de sa liquidité, compte encore abaisser son ratio de crédit sur dépôts. Mais à un rythme plus lent qui tiendra compte de ses objectifs de rentabilité. Arkéa n’a en revanche pas de sujet de solvabilité, avec un core tier 1 de 14%.
L’autre fait marquant du semestre tient au redressement du coefficient d’exploitation, qui s’était dégradé de près de 6 points à 75,6% fin 2012. Arkéa a fait de la baisse des coûts une priorité et engagé l’an dernier des mesures d’économies. La baisse des frais de gestion atteint 11%, reflétant celle des frais de personnel (-5,4%) ou encore des investissements informatiques. Le groupe n’ouvre plus d’agences en net, même s’il n’en ferme pas non plus. Au total, malgré une contraction de 4,3% du produit net bancaire liée à celle des marges (-11%), le coefficient d’exploitation est retombé à 70,3%. Quant au résultat net, il progresse de 26% sur un an à 116 millions.
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