Le Crédit Foncier lance une nouvelle titrisation de prêts immobiliers
Alors que les professionnels de la titrisation sont réunis à Barcelone cette semaine pour leur grand-messe annuelle, le Crédit Foncier devrait placer prochainement sa deuxième titrisation publique de crédits immobiliers résidentiels (RMBS) post-crise, dont le montant dépasserait les 1,3 milliard d’euros.
La première opération, de près d’un milliard, placée en mai 2014 par la filiale de BPCE avait fait couler beaucoup d’encre. Non seulement elle représentait le premier RMBS français public depuis 1995, mais elle avait aussi la rare vertu d’être déconsolidante et avait donc permis au Crédit Foncier de réduire la taille de son bilan.
De source proche, la nouvelle opération devrait dépasser 1,3 milliard d’euros. Les deux premières tranches, qui devraient être placées publiquement et notées AAA par DBRS et Moody’s, représenteraient à elles seules quelque 1,2 milliard. Le nouveau RMBS, serait comme son prédécesseur déconsolidant. «Fondamentalement, c’est la même opération» assure la même source. Ce retour sur le marché n’est pas une surprise. L’année dernière, le président du directoire de BPCE, François Pérol, avait assuré que si le marché le permettait, le Crédit Foncier y interviendrait régulièrement pour un montant annuel de titrisations de 1 à 2 milliards d’euros.
Le Crédit Foncier fait figure d’exception alors que l’an dernier, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer avait jugé «indispensable» que la Place se dote « des moyens de développer une titrisation déconsolidante des crédits immobiliers résidentiels». «En pratique, l’émergence d’un véritable marché des RMBS en France rencontre certains obstacles», constate un an et demi plus tard le Haut Conseil de Stabilité Financière dans son rapport annuel.
Selon le groupe d’experts rattaché à Bercy, la réglementation freine toujours la demande des investisseurs. Côté offre, «l’équation économique de la titrisation est également compliquée par la mobilisation d’une part importante des crédits à l’habitat pour d’autres ressources telles que les covered bonds». Par ailleurs «les taux pratiqués en France par les banques sur les prêts à l’habitat et la faiblesse des marges pourraient limiter l’encours de prêts immobiliers actuellement titrisables». Le HCSF argue encore que des spécificités françaises «sont mal appréhendées par les acteurs internationaux» et que les banques n’ont pas toutes les infrastructures informatiques suffisantes pour développer leur activité de titrisation.
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