Le Crédit Agricole revoit son dispositif au Portugal
La volonté de Banco Espirito Santo (BES) de procéder à une augmentation de capital a amené le Crédit Agricole à trouver une solution pour ne pas subir une dilution, alors qu’il détient 9,4% du capital de l’établissement portugais et 20,5% des droits de vote au 31 décembre 2011. Car l’effet peut être pénible: le refus de Wendel de participer à l’augmentation de capital de Saint-Gobain il y a deux ans avait par exemple contribué à une perte de dilution de 742 millions d’euros.
En cette période de renforcement des contraintes réglementaires dans la banque et l’assurance, le Crédit Agricole n’a certainement pas besoin de cela. Mais utiliser des fonds pour maintenir sa participation dans un établissement en difficulté (BES a perdu 109 millions d’euros en 2011 et craint pour sa liquidité en 2012) ne fait pas plus partie de son programme.
La banque mutualiste a réconcilié ces deux contraintes: elle a vendu à BES sa participation de 50% dans leur filiale commune d’assurance-vie BES Vida pour 225 millions d’euros et a réinvesti le prix de vente pour maintenir son niveau de participation. A l’issue de l’opération, l’établissement portugais détiendra 100% de sa compagnie d’assurance. BES Vida revendique la troisième place du marché de l’assurance-vie au Portugal.
Le Crédit Agricole n’a pas indiqué la valeur résiduelle de sa participation de 50% de BES Vida dans son bilan au moment de l’opération. Le mutualiste avait déjà déprécié de 364 millions d’euros ses 9,4% dans le groupe bancaire portugais au cours du quatrième trimestre 2011. Le groupe indique que la valeur résiduelle de cette participation atteint 888 millions.
Le groupe BES indique que l’opération lui coûtera 22 points de base (pb) de ratio de fonds propres core tier one. Mais l’augmentation de capital lui permettra de renforcer ce même ratio de 154 pb. Calculé à partir de ses encours pondérés au 31 décembre 2011, ce dernier passera de 9,21% à 10,75%.
Le montant de l’opération de 1,01 milliard d’euros a été garanti par le syndicat bancaire, mené par Espirito Santo Investment Bank, Nomura et UBS, et accompagné de Citigroup, Credit Suisse et JPMorgan. Des actionnaires représentant 50,63% du capital de BES ont d’ores et déjà accepté de souscrire à son offre. Reste que cette opération dilutive a fait chuter hier l’action de la banque portugaise de 10,5% à 1,04 euro.
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