Le Crédit Agricole répond aux inquiétudes sur sa solvabilité
Crédit Agricole SA (CASA) a visiblement dissipé les doutes récurrents des investisseurs concernant sa solvabilité vis-à-vis des futures règles de Bâle 3: le titre s’est adjugé 5,2% hier, clôturant à 12,4 euros. Les dirigeants de la structure cotée de la banque verte ont détaillé leur dispositif en la matière à l’occasion de la publication des comptes 2010, réitérant leur refus d’un appel au marché.
En effet, l’avance d’actionnaire consentie par les caisses régionales (à hauteur de 3,7 milliards d’euros) et les titres hybrides dits T3CJ souscrits par ces mêmes caisses (pour 1,84 milliard) ne sont pas, sous Bâle 3, éligibles au titre de fonds propres purs (common equity). Le groupe a donc ressorti de ses cartons un système de garanties (dites «switch»), qu’il avait déjà mis en place en 2007 pour Bâle 2, sans l’utiliser. Le dispositif a été accepté par l’Autorité de contrôle prudentiel.
Les avances et les T3CJ seront remboursées par CASA; en contrepartie, les caisses régionales apporteront des Switch, qui représenteront l’équivalent de 5,5 milliards d’euros de fonds propres. Ces garanties couvrent le risque lié aux participations minoritaires de CASA dans chacune des caisses régionales (à hauteur de 25% à travers des certificats coopératifs d’investissement – CCI) et dans Crédit Agricole Assurances.
Une baisse de valeur éventuelle des CCI de l’une des caisses, ou de CA Assurance, sera donc assumée solidairement par les entités régionales. «Ce sont des contreparties qu’elles connaissent bien», rappelle Jean-Paul Chifflet, directeur général de l’organe central du groupe. Logiquement, l’exigence prudentielle correspondant à ces risques sera transférée aux caisses.
Par ailleurs, à l’instar de Natixis vis-à-vis de BPCE, les CCI de CASA ne sont plus partiellement déduits des fonds propres, mais affectent les encours pondérés du risque. Cette méthode a un impact négatif de 120 points de base sur le ratio core tier 1 (à 8,4% au 31 décembre 2010), mais un effet positif de 40 pb sur le ratio tier one (à 10,6%).
Ces éléments ont éclipsé les résultats de CASA, dont le bénéfice net 2010 (1,26 milliard d’euros, +12%) a souffert de beaucoup d’éléments exceptionnels, dont une moins-value comptable de 1,24 milliard lié à Intesa, une dépréciation de goodwill de plus de 400 millions sur Emporiki et des pertes de 540 millions sur les activités en extinction.
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