Le Crédit Agricole réclame une baisse des taux d'épargne réglementée
Jean-Paul Chifflet, qui laissera la direction générale de Crédit Agricole SA le 20 mai, se fend d’un dernier coup de griffe aux pouvoirs publics pour ses ultimes résultats trimestriels publiés ce mercredi. En cause, la rémunération jugée excessive de l’épargne réglementée en France, avec un taux du Livret A aujourd’hui à 1% quand les taux courts sont nuls, voire négatifs, et que la courbe s’aplatit.
«L’épargne coûte trop cher et pénalise la France dans le financement de son économie, tonne le banquier. On privilégie l’épargne à l’investissement, c’est un handicap pour notre pays. Il faut donc baisser le coût de cette épargne sur le Livret A et sur les PEL».
Le groupe mutualiste enregistre ainsi une hausse de son activité dans la banque de détail en France, qui ne se traduit pas dans les revenus. Dans les caisses régionales de Crédit Agricole, les encours de collecte et de crédit ont progressé respectivement de 3,2% et 1% sur un an. Chez LCL, les progressions sont de 3,8% et 2,9%. Mais le produit net bancaire recule de 3,6% dans l’ex-Crédit Lyonnais, et de 2,2% dans le réseau Crédit Agricole. Si les nouvelles affaires sont signées à un niveau de marge qui reste bon, les renégociations de prêts dans l’immobilier (environ un tiers de la production) coûtent en provisions épargne logement.
24 milliards d’euros de collecte nette pour Amundi
Pour le reste, le groupe a bénéficié du contexte de marché favorable. CASA annonce un résultat net de 784 millions d’euros, en hausse de 2,6% à périmètre et normes constants. Hors application de l’interprétation de la norme IFRIC 21 qui oblige à reconnaître dès ce trimestre les charges certaines sur l’année, et hors impact de la cotisation au Fonds de résolution unique pour 2015, soit 175 millions d’euros, le résultat net part du groupe s’élèverait à 1,096 milliard. Celui du groupe, intégrant les caisses à 100%, se monte à 1,23 milliard. Les effets comptables et réglementaires contribuent d’ailleurs à faire baisser le ratio de solvabilité CET1 de Crédit Agricole SA à 10,2% fin mars contre 10,4% fin décembre.
CA CIB s’est particulièrement distingué avec un bond de 24% de ses revenus en un an, et un résultat net de 320 millions. Dans les activités de marché, pour l’essentiel fixed income, la hausse du PNB atteint 29,5%. Autre pôle en vedette grâce aux conditions de marché, l’épargne et l’assurance accroît ses revenus de 10% pour un résultat net de 420 millions (+11,3%).
Les actifs d’Amundi atteignent désormais 954 milliards d’euros à fin mars (+8,7% en trois mois). Ils ont été gonflés sur le trimestre par une collecte nette de 24,0 milliards d’euros réalisée pour moitié à l’international, principalement en Europe et en Asie.
Le trimestre est également marqué par la finalisation de l’acquisition de Bawag Invest en Autriche, qui apporte 5,3 milliards d’euros d’encours. L’effet marché et change s’élève, quant à lui, à 47,4 milliards d’euros sur le trimestre.
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