Le Crédit Agricole quitte la Belgique en vendant ses 50% de Crelan
Alors que le Crédit Agricole revendique la place de «première banque de proximité en Europe» par ses revenus, la Belgique ne fait plus partie de ses relais de croissance. Le groupe a annoncé hier la cession des 50% de Crelan, l’ex-Crédit Agricole belge,détenus jusque-là par les caisses françaises Nord de France et Nord-Est (22,5% chacun) et Crédit Agricole SA (5%). Cette portion du capital sera rachetée en juin 2015 par les caisses coopératives belges qui possèdent les 50 % restants.
Le montant total de la transaction n’est pas dévoilé, mais la presse belge évoquait en janvier 350 à 400 millions d’euros, soit 0,32 à 0,36 fois les capitaux propres à fin 2013.
«Nous avons assez de fonds propres pour payer la transaction, mais pour faire face aux règles prudentielles, nous voulons augmenter le capital coopératif de 200 millions d’euros» auprès des clients, explique Crelan à L’Agefi. «A court terme, on devient à 100% une banque à ancrage coopératif. A plus long terme, on verra ce qui est le mieux pour la banque», a déclaré Luc Versel, patron de Crelan, lors d’une conférence de presse.
Après avoir participé pendant dix ans à la consolidation du marché belge, le Crédit Agricole se retire «dans le cadre du recentrage opéré par le groupe depuis quelques années», indique une source proche de la banque française qui explique que «Crelan fait partie des actifs non stratégiques». Sous les règles prudentielles actuelles, «le Crédit Agricole n’avait pas forcément intérêt à garder une filiale contrôlée à 50% seulement, estime Alain Branchey, analyste chez Fitch Ratings. Septième réseau de détail de Belgique, Crelan est le plus grand groupe coopératif du pays en terme de bilan, devant le Crédit Professionnel (BKCP, ndlr) détenu par le Crédit Mutuel Nord Europe».
Avec un bénéfice net de 45,2 millions d’euros en 2013, Crelan a contribué à hauteur de 1,8 million d’euros au résultat de chacune des deux caisses nordiques du Crédit Agricole, contre 15,1 millions en 2012. De son côté, le pôle belge du CMNE affiche un bénéfice consolidé de 15,6 millions d’euros à fin juin 2013 (hors éléments éliminés entre pôles) pour un produit net bancaire (PNB) de 142 millions, doublé en un an du fait de l’intégration de Beobank, l’ex-Citibank Belgique.
Egalement très ancrée localement, BNP Paribas reste de loin le leader français outre-Quiévrain. Avec BNP Paribas Fortis, son résultat brut d’exploitation 2013 atteint 906 millions d’euros en Belgique, pour 3,35 milliards de PNB.
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