Le Crédit Agricole prend sa moins-value comptable sur Intesa
Crédit Agricole SA prend ses pertes latentes sur sa participation dans Intesa Sanpaolo. Lors du rachat de Cariparma, la banque verte s’était engagée auprès des autorités italiennes de la concurrence à cesser, après le 30 juin 2011, d’exercer une «influence notable» sur le groupe turinois. Elle a anticipé le mouvement vendredi dernier, en se retirant du conseil de surveillance d’Intesa.
Cette décision a une traduction comptable immédiate: elle ne permettra plus au Crédit Agricole de mettre en équivalence sa participation de 4,79% dans Intesa. Les titres seront reclassés dans les actifs disponibles à la vente, mis à la valeur de marché. Résultat: une moins-value comptable de 1,25 milliard d’euros, enregistrée dans les comptes du quatrième trimestre 2010 de Crédit Agricole SA. La part vaut 1,2 milliard au cours de vendredi.
La cession effective de 0,8% d’Intesa au premier trimestre avait déjà coûté 159 millions à CASA. Cette fois, la banque n’a pas cédé ses titres et espère un retour à meilleure fortune. «Nous n’avons pas d’obligation ni de délai pour vendre la participation dans Intesa», soulignait vendredi un proche de Crédit Agricole SA. Le groupe assure aussi que cette charge inattendue ne changera rien au montant du dividende versé en 2011.
Le ratio de solvabilité core tier one baissera de 38 points de base par rapport au niveau publié le 30 septembre (9,8%): la moins-value s’impute sur les fonds propres, et le reclassement des titres augmente les actifs pondérés par le risque. L’impact sur le tier one est inférieur (-10 pb), et même positif pour le ratio global de solvabilité (+28 pb) en raison des différences de déductions de cette part sur le capital réglementaire.
Si le Crédit Agricole n’a pas attendu juin 2011, c’est parce que son concurrent italien prépare pour le printemps un nouveau plan stratégique. Il lui était difficile de s’associer à ces travaux quelques mois avant sa sortie du conseil. La date butoir du 30 juin doit tout même jouer sur un dernier élément: les droits de vote liés aux titres Intesa (soit 4,99%) seront plafonnés à 2% après cette date.
CASA a encore d’autres moins-values à prendre, en Espagne. Sa participation de 24,7% dans Bankinter, acquise pour près de 1,2 milliard, valait 480 millions en Bourse vendredi soir. Mais elle reste mise en équivalence, évitant des pertes à son propriétaire.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Hommage public à Ali Khamenei : des milliers d’Iraniens rassemblés à Téhéran
Quatre mois après sa mort dans des frappes israélo-américaines, la dépouille d’Ali Khamenei est exposée à Téhéran à partir de ce samedi 4 juillet. Les autorités iraniennes entendent faire de ces funérailles, organisées sur six jours, une démonstration de force, alors que le régime islamique poursuit ses négociations avec Washington -
Présidentielle 2027 : Christine Lagarde envisage de quitter la BCE pour jouer un rôle dans l’élection
Dans un entretien paru le 3 juillet, la présidente de la Banque centrale européenne dit vouloir faire entendre une « voix européenne » dans le débat autour de la prochaine présidentielle française. Sans envisager de candidature à ce stade, Christine Lagarde n’exclut pas de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat, prévue en octobre 2027 -
Face à la Chine, l’UE se dit prête à mobiliser tous ses outils de défense commerciale
La Commission européenne maintient le dialogue avec Pékin, mais prévient qu’elle est prête à réagir si les négociations sur les tensions commerciales n’aboutissent pas