Le Crédit Agricole joue l’ouverture dans le paiement électronique
Dans la course au paiement électronique, le Crédit Agricole est la première banque à dégainer. Mardi sera lancé le système Kwixo, développé par Fia-Net Europe, fournisseur de programmes sécurisés de e-commerce, détenu à 50% par Crédit Agricole SA (CASA, la structure cotée de la banque verte) et à 50% par les caisses régionales.
Etablissement de paiement agréé au Luxembourg, Kwixo est un porte-monnaie électronique: il permet le transfert d’argent entre particuliers et le paiement sur des sites marchands (à ce jour, la banque revendique plus de 600 partenaires). Le premier service est disponible en multi-canal internet, smartphone, serveur vocal ou SMS. Le second est accessible par internet (le paiement mobile est en cours d’étude) et se différencie de systèmes de type Pay-Pal en proposant aussi le crédit et le règlement après réception. «L’argent n’est pas stocké sur un site intermédiaire et transite directement d’un compte à l’autre», souligne Jean Philippe, président de Fia-Net et DG de la caisse Pyrénées Gascogne, en pointe sur les nouvelles technologies au sein de la banque verte.
Kwixo sera proposé aux clients des caisses régionales, de LCL et de Sofinco, la filiale de crédit à la consommation. Mais «il n’est pas besoin d’être client du groupe pour l’utiliser», insiste Jean Philippe.
«Le projet européen Sepa va bouleverser le métier du paiement. De nouveaux opérateurs [télécom par exemple, ndlr] pourront présenter leurs solutions. Les banques doivent être les premières à se positionner», justifie Bruno de Laage, DGD de CASA en charge notamment des systèmes et services de paiement. Si certaines nouent des partenariats, comme BNP Paribas avec Buyster (la plate-forme des opérateurs mobiles), le Crédit Agricole refuse de perdre la maîtrise de cette activité qu’il considère comme partie intégrante de ses métiers cœurs. Elle génère 2,5 milliards d’euros de revenus par an.
Le groupe se dit même prêt à ouvrir le capital de Fia-Net à d’autres établissements et à adopter certaines des fonctions qu’ils auraient déjà développées. Mais Christophe Nepveux, son directeur général, n’a pas souhaité citer les banques avec lesquelles des discussions seraient déjà en cours.
Quoi qu’il en soit, le Crédit Agricole vise les 5 à 6 millions d’utilisations dans les quatre à cinq années qui viennent, soit une part de marché de 25% auprès d’un public jugé prêt à accepter les nouveaux usages de la banque.
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