Le Crédit Agricole fait plus que doubler de taille sur le marché bancaire belge
Après les rachats d’Europabank dans le crédit à la consommation en 2004 et de Keytrade Bank dans le courtage l’année suivante, le Crédit Agricole de Belgique franchit une nouvelle étape dans son développement en reprenant la filiale de banque de détail de KBC, Centea. Via cette acquisition, d’un montant de 527 millions d’euros, le groupe, détenu à 50% par le Crédit Agricole (22,5% Crédit Agricole Nord de France, 22,5% Crédit Agricole Nord Est et 5% Crédit Agricole SA), le solde étant détenu par des caisses belges, va ainsi plus que doubler sa taille de bilan. Il passera de 8 à 21 milliards d’euros.
La part de marché du groupe sera par ailleurs portée de 2 à 5%. Cette acquisition, qui doit être finalisée au cours du deuxième trimestre 2011, permettra de renforcer la base de clientèle de la banque, qui augmentera de 625.000 initialement à 945.000, ainsi que son maillage. Alors que le Crédit Agricole de Belgique et Centea sont tous deux basés sur un modèle géré par des agents indépendants, le groupe comptera plus de 900 agences, contre 250 auparavant.
Le Crédit Agricole de Belgique mise dans ce contexte sur une amélioration du coefficient d’exploitation. «De l’ordre de 70% actuellement, ce coefficient devrait ainsi passer sous les 65% d’ici trois ans», indique une source proche de la banque.
A ce même horizon de trois ans, en intégrant les charges liées au chantier de l’intégration, le groupe mise sur un résultat net de l’ordre 100 millions d’euros, contre environ 45 millions d’euros pour le Crédit Agricole de Belgique et 55 millions pour Centea en 2010. Le produit net bancaire devrait atteindre près de 500 millions d’euros, contre quelque 190 et 170 millions d’euros pour le Crédit Agricole de Belgique et Centea l’an passé.
Sur la base de deux modèles relativement similaires et du fait que l’outil informatique de Centea dépendait de KBC, le Crédit Agricole de Belgique mise sur des synergies quasi immédiates. «Les synergies avoisineront les 25 millions d’euros par an. Les surcoûts liés à la migration informatique et aux autres chantiers devraient atteindre dans une optique des plus prudentes 70 millions d’euros au maximum sur trois ans, dont 35 millions d’euros la première année», relève la source bancaire. Sur le plan social, «aucun licenciement n’est prévu», ajoute cette même source.
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