Le Crédit Agricole engage une grande réforme de sa gouvernance

Les caisses régionales envisagent de récupérer certains pouvoirs exercés par Crédit Agricole SA, l’organe central coté
Antoine Landrot

Le groupe Crédit Agricole prépare-t-il sa révolution ? Il a en tout cas engagé cet été une réflexion sur l'évolution de sa gouvernance. Elle viserait notamment à donner à la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), représentant les caisses régionales de la banque verte, les attributions d’organe central du groupe en lieu et place de Crédit Agricole SA. Selon Le Figaro, Rothschild et Morgan Stanley épauleraient CASA, tandis que Citi conseille la «Fédé».

CASA, maison mère des filiales métiers et véhicule coté du groupe contrôlé par les caisses, est également le décisionnaire ultime sur des sujets qui intéressent ces dernières au premier chef, comme les nominations de leurs dirigeants. Ni la Fédération ni CASA ne font de commentaire. «C’est un travail de longue haleine qui ne fait que commencer», indique une source proche. Un transfert de pouvoirs marquerait la victoire définitive des caisses, marquées par la croissance hasardeuse de CASA pendant les années de bulle financière dans la banque d’investissement et la banque de détail à l’étranger.

Le groupe avait jusqu'à présent des dossiers prioritaires à traiter: solder l’héritage de la crise financière chez CA CIB et sortir du bourbier grec en vendant Emporiki. Cette page étant tournée, les réflexions sur la gouvernance redeviennent prioritaires.

En outre, l’organisation du groupe reste peu lisible pour les investisseurs. Par exemple, alors que CASA est l’organe coté, ce ne sont pas ses ratios prudentiels Bâle 2.5 et Bâle 3 qui sont communiqués, mais ceux du groupe. La lisibilité est également compliquée par l’existence d’un système de garantie interne «Switch» entre les caisses et CASA – que l’organe central voudrait en plus dupliquer pour alléger le poids des filiales d’assurance. Autre groupe mutualiste, BPCE a lui une organisation plus claire: Natixis n’est qu’une filiale cotée, sans pouvoirs d’organe central. Il a encore clarifié sa structure cette année en rachetant les certificats coopératifs d’investissements que détenait Natixis dans les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne.

Le projet de la FNCA devra quoi qu’il en soit réunir l’unanimité des patrons de caisses et en passer par une réforme législative. Or, si une source proche du gouvernement a confirmé à L’Agefi que des propositions «très informelles» avaient été faites par la Fédération durant l’été, les pouvoirs publics se montraient réservés, à ce stade.

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