Le Crédit Agricole engage une grande réforme de sa gouvernance
Le groupe Crédit Agricole prépare-t-il sa révolution ? Il a en tout cas engagé cet été une réflexion sur l'évolution de sa gouvernance. Elle viserait notamment à donner à la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), représentant les caisses régionales de la banque verte, les attributions d’organe central du groupe en lieu et place de Crédit Agricole SA. Selon Le Figaro, Rothschild et Morgan Stanley épauleraient CASA, tandis que Citi conseille la «Fédé».
CASA, maison mère des filiales métiers et véhicule coté du groupe contrôlé par les caisses, est également le décisionnaire ultime sur des sujets qui intéressent ces dernières au premier chef, comme les nominations de leurs dirigeants. Ni la Fédération ni CASA ne font de commentaire. «C’est un travail de longue haleine qui ne fait que commencer», indique une source proche. Un transfert de pouvoirs marquerait la victoire définitive des caisses, marquées par la croissance hasardeuse de CASA pendant les années de bulle financière dans la banque d’investissement et la banque de détail à l’étranger.
Le groupe avait jusqu'à présent des dossiers prioritaires à traiter: solder l’héritage de la crise financière chez CA CIB et sortir du bourbier grec en vendant Emporiki. Cette page étant tournée, les réflexions sur la gouvernance redeviennent prioritaires.
En outre, l’organisation du groupe reste peu lisible pour les investisseurs. Par exemple, alors que CASA est l’organe coté, ce ne sont pas ses ratios prudentiels Bâle 2.5 et Bâle 3 qui sont communiqués, mais ceux du groupe. La lisibilité est également compliquée par l’existence d’un système de garantie interne «Switch» entre les caisses et CASA – que l’organe central voudrait en plus dupliquer pour alléger le poids des filiales d’assurance. Autre groupe mutualiste, BPCE a lui une organisation plus claire: Natixis n’est qu’une filiale cotée, sans pouvoirs d’organe central. Il a encore clarifié sa structure cette année en rachetant les certificats coopératifs d’investissements que détenait Natixis dans les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne.
Le projet de la FNCA devra quoi qu’il en soit réunir l’unanimité des patrons de caisses et en passer par une réforme législative. Or, si une source proche du gouvernement a confirmé à L’Agefi que des propositions «très informelles» avaient été faites par la Fédération durant l’été, les pouvoirs publics se montraient réservés, à ce stade.
Plus d'articles du même thème
-
Le Premier ministre britannique joue la prudence pour son premier budget
Quelques mesures de soutien aux ménages et de légères hausses d’impôts permettront de dégager une petite souplesse budgétaire mais les grandes décisions, portant sur la protection sociale ou le financement de la défense, sont repoussées à plus tard. -
La Fed laisse ses taux inchangés malgré une inflation toujours élevée
La banque centrale américaine a décidé d'opter pour le statu quo en maintenant ses taux à 4%, à quelques semaines des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. -
Airbus maintient son plan de vol pour 2026 à l'issue du troisième trimestre
Si le chiffre d'affaires s'effrite, le bénéfice net bondit de 20% d'une année sur l'autre, à 1,34 milliard d'euros. Le rythme des livraisons sera décisif pour la fin de l'exercice.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas -
AcrobateRoyaume-Uni : un budget pour répondre à la crise au Moyen-Orient
Dans un contexte économique tendu, le ministre des Finances John Healey a joué sur les réserves pour soutenir le pouvoir d'achat des Britanniques. Il a remis à plus tard les décisions qui leur demanderont des efforts