Le Crédit Agricole appelle Xavier Musca à la rescousse
On l’avait annoncé à la tête de la Caisse des dépôts, de l’AMF, et même du Mécanisme européen de stabilité financière. Xavier Musca a finalement choisi le secteur privé comme destination. A l’issue d’un conseil d’administration le 17 juillet, l’ex-secrétaire général de Nicolas Sarkozy à l’Elysée deviendra directeur général délégué de Crédit Agricole SA, en charge de la banque de détail à l’international, de la gestion d’actifs et de l’assurance. La commission de déontologie devra aussi rendre son avis sur cette nomination.
Le directeur général du Crédit Agricole, Jean-Paul Chifflet, «a souhaité, avec le renforcement de la crise, consolider son équipe», explique-t-on au siège de la banque. Il n’aura pas de trop d’un quatrième directeur général délégué alors qu’il s’apprête à succéder, le 1er septembre, à Frédéric Oudéa à la présidence de la Fédération bancaire française (FBF). Mais avec Xavier Musca, le renfort prend des airs d’appel au secours. L’ancien directeur du Trésor a été aux premières loges dans la gestion de la crise financière, et l’interlocuteur privilégié des gouvernements européens ou de la BCE pour la préparation des grands sommets. Et le premier dossier dont il aura à s’occuper n’est autre qu’Emporiki, le boulet grec du Crédit Agricole, dont la gestion paralyse aujourd’hui le groupe.
D’ici à la prise de fonction du haut fonctionnaire, le résultat des élections en Grèce du 17 juin sera tombé et la perspective d’une sortie de la zone euro se sera peut-être rapprochée. CASA joue gros. Dans une note publiée le 12 juin, Oddo Securities estime à 5 milliards d’euros la perte sèche du groupe en cas de liquidation d’Emporiki, l’option privilégiée si la Grèce sort de l’euro. Et à 2,5 milliards les pertes cumulées d’ici à 2014 en cas de maintien. Le premier scénario entraînerait «une augmentation de capital inévitable pour CASA».
L’arrivée de ce technicien âgé de 52 ans pourrait aussi lancer la spéculation sur une succession, à terme, à la tête de la banque. D’ores et déjà, deux autres DG délégués du groupe revoient à la baisse leur périmètre. Michel Mathieu ne supervisera plus que les fonctions supports puisqu’il perd l’assurance et la gestion. Bruno de Laage abandonne, lui, la banque de détail à l’international pour se concentrer sur la France, les services financiers spécialisés et les paiements. Jean-Yves Hocher, qui coiffe CA CIB et la banque privée, garde les mêmes prérogatives.
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