Le coût des inondations en Europe se chiffrera en milliards d’euros pour les assureurs
Un bilan catastrophique. Alors que les inondations ne sont pas encore terminées en Europe, les intempéries à leur origine se déplaçant vers la Roumanie, leurs conséquences sont qualifiées de «terrifiantes» par la chancelière allemande Angela Merkel. Le pays paye le plus lourd tribut humain avec 163 décès sur les 202 recensés dans un premier bilan provisoire.
Les assureurs regarderont aussi les dommages matériels considérables. «Le coût combiné des inondations en Europe devrait atteindre des milliards d’euros», estime déjà le service Impact Forecasting d’Aon, l’unité de modélisation des risques de catastrophe et de météorologie du courtier d’assurance et de réassurance, rapporte le site d’intelligence économique Artemis. Pour le secteur de la réassurance, le coût devrait atteindre un montant compris entre 1,7 et 2,5 milliards d’euros, estiment des analystes de Berenberg.
L’Allemagne devrait connaître les conséquences les plus lourdes. «Les pertes assurées liées aux catastrophes naturelles pour l’ensemble de l’année 2021 pourraient atteindre le sommet de 2013, soit plus de 7 milliards d’euros, et si elles dépassent 15 milliards d’euros, le ratio combiné brut (frais de gestion et coûts des sinistres rapportés aux primes) du secteur pourrait atteindre 109%», renchérit Johannes Bender, analyste crédit de S&P Global Ratings. Les pertes totales seront bien supérieures puisque seuls 45% des batiments y sont assurés contre les inondations et les fortes pluies. Pour Reimund Schwarze, chercheur au centre Helmholtz de recherche sur l’environnement de Leipzig, les inondations devraient coûter aux alentours de 6 milliards d’euros.
L’événement rend ainsi compte des différences du modèle allemand. Alors que la Belgique, deuxième pays le plus touché, dispose d’un régime de catastrophe naturelle (CatNat) depuis 2006 via les contrats d’assurance incendie, ce n’est toujours pas le cas pour l’Allemagne où la garantie inondation reste facultative. Déjà, le ministre des Finances Olaf Scholz a annoncé préparer une aide d’urgence de plus de 300 millions d’euros et un plan de reconstruction de plusieurs milliards d’euros.
Ces événements rouvrent surtout le débat autour des conséquences du changement climatique pour les assureurs. Selon Swiss Re, les assureurs ont pris en charge 87 milliards de dollars de frais en 2020 sur les 187 milliards engendrés par les CatNat, soit une hausse de 32% sur un an.
Plus d'articles du même thème
-
SFR, 20 milliards d’euros et d'incertitudes
L'accord de Bouygues Telecom, Orange et Iliad pour racheter leur rival soulève des questions inédites avec un calendrier très étalé dans le temps, une valorisation élevée de la cible, des conséquences redoutées pour les consommateurs, sans oublier le flou sur le sort des 8.000 salariés de l'opérateur. -
Les entreprises françaises activent la relocalisation comme arme anti-crises
L’enquête QBE pointe que 83% des dirigeants considèrent l’instabilité économique et politique comme un état permanent. -
Les grandes banques américaines font le pari des dépôts tokenisés
JPMorgan, Bank of America, Wells Fargo et Citi devraient lancer au premier semestre de l'année prochaine un réseau de dépôts tokenisés.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BNP Paribas Fortis, déjà numéro un, veut se dépasser en Belgique
Contenu de nos partenaires
-
RéarmementLa France compte 80 ogives nucléaires de plus, voici pourquoi
Le nombre d’armes atomiques est appelé à repartir à la hausse, souligne l’institut suédois Sipri, après des années de baisse structurelle portée par la Russie et les Etats-Unis -
Montagnes russesCette erreur de diagnostic qui a plombé toute réforme des retraites sous Macron
En 2016, le Conseil d'orientation des retraites publie un rapport rassurant sur l'état financier du système. Un rapport trop optimiste qui a nourri la défiance -
Jean-Hervé Lorenzi : « Notre grand problème, c’est le choc démographique à venir »
Le président des Rencontres Economiques d'Aix-en-Provence juge que le vieillissement de la population coûtera entre 30 et 50 milliards d’euros par an d’ici trois à quatre ans. Pour la fin 2026, il table sur une croissance nulle, avec une inflation de l'ordre de 2 à 3 %