Le coréen Hana paie le prix fort pour s’offrir KEB
Pour acquérir 51% du capital de la Korea Exchange Bank (KEB), son homologue coréen Hana Financial Group a proposé entre 4.650 et 4.750 milliards de wons (entre 3 et 3,1 milliards d’euros) à son actionnaire Lone Star. Le futur repreneur a déposé un document auprès des autorités boursières coréennes.
Ce montant représente le haut de la fourchette des dernières estimations de l’offre, dont Hana avait confirmé l’existence le 15 novembre dernier: elles s’étalaient de 4.300 milliards à 4.750 milliards de wons. Le prix représente une prime de 15% à 18% par rapport au cours de clôture de KEB à la Bourse de Séoul mercredi. Le président de Hana, Kim Seung-yu, était en route hier pour Londres afin de signer l’accord final avec Lone Star.
En plaçant la barre à ce niveau, l’établissement coréen entend ôter tout espoir à Australia and New Zealand Banking Group (ANZ), cité dès le mois d’avril comme potentiel repreneur. Ce dernier avait communiqué une offre qui, selon Reuters, portait sur les participations de Lone Star et de Export-Import Bank of Korea, soit 57% du capital. Et qui avait les faveurs des dirigeants de KEB. Mais ANZ est réputé pour ne pas entrer dans la surenchère.
La cession de KEB à Hana signe la fin d’un long épisode pour Lone Star, qui avait pris le contrôle de la banque en 2003 pour 1,2 milliard de dollars. Le fonds texan cherchait à vendre sa participation depuis presque cinq ans, mais avait joué de malchance: entre autres négociations avortées, deux processus réels de vente avaient échoué (à Kookmin Bank pour 7,3 milliards de dollars en 2006 et à HSBC pour 6,3 milliards en 2008), notamment en raison de l’obstruction du régulateur et de la justice locale, qui contestaient le prix d’acquisition de KEB en 2003.
Selon Reuters, Hana est en négociation avec les fonds Carlyle et KKR pour financer l’opération. Quoi qu’il en soit, il est aujourd’hui presque certain que la banque reviendra dans le giron coréen. Ce mouvement intervient deux jours avant la fin du premier tour des enchères pour la vente de la banque publique Woori Finance, pour laquelle l’Etat cherche au moins cinq milliards d’euros. Le choix de se porter sur KEB laisse à penser que Hana y voit une meilleure opération. Le nouvel ensemble deviendrait le troisième acteur financier coréen, détrônant Shinhan, avec 300.000 milliards de wons d’actifs.
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