Le conflit avec Assor plonge les comptes 2012 de Pasteur Mutualité dans le rouge
Comme l’avait prévu son directeur général Thierry Lorente le mois dernier, le Groupe Pasteur Mutualité accuse une perte en 2012 en raison de la résiliation de son partenariat avec le courtier-grossiste Assor, dont la liquidation judiciaire a été confirmée jeudi dernier.
L’apurement des sinistres a coûté au total 22,92 millions d’euros à Pasteur Mutualité. A cette perte exceptionnelle s’ajoute une provision de 8 millions pour participation aux bénéfices sur les garanties vie du groupe – obligatoire pour le secteur de la prévoyance à partir de l’exercice 2012. Ces deux éléments ont conduit le groupe à enregistrer une perte nette de 13 millions d’euros.
La rupture avec Assor constituera également un manque à gagner en termes de revenu. Ce dernier atteint 195 millions d’euros, mais tombe à 174 millions si l’on ne tient pas compte du chiffre d’affaires apporté par sa convention avec le courtier-grossiste. L’activité que recouvrait celle-ci (assurance santé destinée aux non-professionnels de santé) ne sera pas poursuivie. Le revenu du périmètre récurrent de Pasteur Mutualité progresse malgré tout de 6%. Le groupe tournera la page sans regret.
Son activité en 2012 a en effet été portée par ses deux métiers historiques: la prévoyance (+8% à 86 millions d’euros) et la santé (+6% à 56 millions d’euros). Elles cumulent un résultat courant (net de la provision pour participation aux bénéfices) de 14 millions, contre 11 millions en 2011. En vie-épargne-retraite, un développement récent, le mutualiste parvient à maintenir une collecte tout juste positive de 2 millions d’euros dans un marché en décollecte; il affiche un encours sous gestion de 1,3 milliard d’euros. Lancée en 2009, l’activité IARD en responsabilité civile (Panacea Assurances) enregistre un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros, en hausse de 16%.
La santé et la prévoyance devraient toutefois continuer à porter la croissance du groupe dans son objectif de réaliser son plan stratégique 2013-2015. «Obtenir un résultat courant de 10 millions d’euros sur ces deux métiers cœur serait une bonne base pour assurer notre développement», indique à L’Agefi Thierry Lorente. Mais «ce sera plus compliqué en épargne-retraite. Si nous devrions encore servir un bon taux en 2013 pour notre fonds en euros, le secteur traversera certainement une rentrée difficile. Concernant l’IARD, nous devrions approcher l’équilibre en 2013, pour l’atteindre en 2014.»
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