Le compromis sur le taux du Livret A épargnera les prêts aux collectivités locales

La baisse du taux à 1,25% s’accompagne de mesures destinées à doper l’investissement de long terme des collectivités et sociétés HLM
Amélie Laurin

En application de sa formule de calcul, le taux du Livret A aurait dû baisser de 1,75% à 1%. Evoquant comme en février des «circonstances exceptionnelles», Pierre Moscovici a finalement annoncé hier un taux de 1,25% à partir du 1er août, en ligne avec la recommandation de la Banque de France. «La situation de notre économie et le pouvoir d’achat des ménages justifient un tel choix», a déclaré hier le ministre de l’Economie. La rémunération du Livret A et du Livret de développement durable retrouve donc son plus bas niveau historique mais reste supérieure d’un demi-point environ à l’inflation hors tabac (0,8%).

Ce compromis aurait dû pénaliser le coût du financement des logements sociaux et des collectivités locales. D’autant que la sous-utilisation des sommes centralisées à la Caisse des dépôts (CDC) va entraîner le transfert de 25 milliards d’euros aux banques qui commercialisent les livrets réglementés. Le dispositif devrait être arrêté aujourd’hui, lors de la rencontre entre le président de la République et les banques.

A la recherche d’un point d’équilibre, Bercy a fait un geste envers les bailleurs sociaux et les élus locaux. Ces derniers bénéficieront d’un taux de 2,25% pour des prêts de long terme souscrits auprès de la CDC, au lieu de 3,05% auparavant. Cette baisse de 75 points de base est en fait conforme à celle qu’aurait dû connaître le Livret A. Et elle n’est valable que pendant les douze premiers mois de la vie du prêt, confirme Bercy. A charge pour la CDC d’absorber cet effort qui doit permettre de doper la consommation de l’enveloppe de 20 milliards d’euros annoncée en début d’année. A ce jour, seul 1,3 milliard d’euros a été accordé aux collectivités, sur les 4 milliards de crédits d’infrastructures prévus cette année. Le processus d’octroi, jugé trop lourd, sera également simplifié.

De l’aveu même des professionnels, l’offre de prêts aux collectivités est aujourd’hui suffisante grâce à l’arrivée de la Banque Postale, au retour de certaines banques commerciales, y compris étrangères, et au développement continu du marché obligataire. «Les financements bancaires et obligataires existent mais pas sur des prêts de 20 ans, 40 ans», rétorque Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la CDC. Reste que la demande marque le pas, du fait du ralentissement économique et des échéances électorales de 2014.

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