Le Comité de Bâle précise le sort de la dette hybride
Le 1er janvier 2013 sonnera la sortie de certaines dettes hybrides du capital réglementaire des banques. Les instruments assortis d’un call (option de rachat) et d’un step-up (clause de renchérissement du coupon) ne feront plus partie des capitaux Tier 1 ou Tier 2 à cette date, ou à la date du call si celle-ci est postérieure au 1er janvier 2013, si leurs caractéristiques ne correspondent plus à la définition du Tier 1 ou du Tier 2, indique le Comité de Bâle dans un document publié hier. La transition sera plus progressive pour les obligations hybrides non innovantes. Ainsi, entre 2013 et 2022, une part de moins en moins importante du nominal des instruments de fonds propres qui ne satisfont pas aux nouveaux critères pour être inclus dans les composantes Tier 1 ou Tier 2 sera intégrée dans les ratios.
Si la proposition du Comité de Bâle du 19 août dernier sur la définition des nouveaux titres hybrides est adoptée en l'état, «les banques devront trouver des substituts assez rapidement, indique François Lavier, analyste gérant chez Lazard Frères Gestion. Mais le marché n’est peut-être pas prêt à acheter les nouveaux titres hybrides qui seront conformes aux nouvelles règles de Bâle 3». De fait, ils seront plus risqués car ils seront plus proches des capitaux propres et risquent d'être pénalisés par la volonté des régulateurs de faire participer les créanciers aux sauvetages bancaires. Par ailleurs, moins bien notés, ils coûteront plus cher aux émetteurs.
Mais des incertitudes demeurent. «D’abord, la définition des composantes du capital pourrait encore évoluer à la marge avec la consultation menée jusqu’à fin octobre dont les résultats n’ont pas encore été publiés. Ensuite, le texte pourrait encore être modifié lors de son adoption par la Commission européenne. Les modalités de la transition pourrait notamment changer », ajoute François Lavier. Enfin, le texte sera repris par les parlements nationaux.
«Il faudra aussi interpréter l’esprit du texte, estime un analyste crédit. De fait, certaines clauses de step-up, dans lesquelles le renchérissement du coupon est modeste, pourraient ne pas être considérées comme de véritables incitations à rembourser. Les titres pourraient alors rester éligibles au capital réglementaire».
Hier, l’indice iTraxx sur des CDS des dettes subordonnées s’est tendu de 4 points de base (pb) à 305 pb.
Plus d'articles du même thème
-
Ares boucle son premier fonds de solutions structurées à 4,2 milliards de dollars
Montrant à quel point la quête de solutions de financement se fait criante pour les gérants, le closing d’Ares Global Structured Solutions Fund dépasse l’objectif initial de plus de … quatre fois. -
Les investisseurs craignent une dégradation de la note de la Roumanie
Alors que la Roumanie s’enfonce dans une crise politique, le premier ministre désigné n’ayant pas obtenu la confiance du parlement, la devise décroche et les taux s’écartent face au risque de dérapage des finances publiques et de dégradation du rating souverain. S&P doit se prononcer ce vendredi. -
Adecco se renforce sur le marché de l’ingénierie aéronautique
Akkodis, filiale à 100 % du groupe suisse, vient de boucler l’acquisition des activités de Sogeclair liées à Airbus afin de renforcer son expertise dans les aérostructures.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
FrenchiesA Bruxelles, les Français trustent les négociations sur le « made in Europe »
Des eurodéputés socialistes et macronistes sont à la manœuvre pour imposer une préférence européenne dans l'industrie -
IncendiaireLycées et facs bloqués, émeutes : un bourbier politique pour le gouvernement
Plus d’une semaine après le début de la mobilisation lycéenne, dégradations et violences s’amplifient. Engagé dans une longue séquence budgétaire, le gouvernement peine à trouver une issue -
EditorialBlocage des lycées : refuser la prise d’otage morale
Ceux qui prétendent se soucier de la jeunesse tout en l’encourageant à laisser libre cours à sa colère sont des irresponsables qui croient s’innocenter en chantant une Marseillaise entre deux feux de poubelles