Le Comité de Bâle lève le voile sur les actifs de trading des banques
Le calcul des actifs pondérés du risque des banques reste une boîte noire. Le Comité de Bâle, qui s’était saisi du sujet en 2012, a livré hier une première analyse des RWA (risk weighted assets) des portefeuilles de trading de seize grandes institutions financières. Ses conclusions rejoignent celles de certains analystes financiers, qui estiment que d’une banque à l’autre, le calcul des actifs pondérés varie fortement et sans forcément refléter de lien avec le profil de risque.
Dans l’échantillon examiné, la pondération moyenne des actifs de trading varie «d’environ 10% à près de 80%, la plupart des banques se situant entre 15% et 45%». Cela signifie que la quantité de fonds propres réglementaires à mettre en face de ces portefeuilles peut varier dans un rapport de 1 à 3, voire de 1 à 8 dans les cas extrêmes. Une partie de ces variations provient de différences dans le profil de risque de chaque banque. Mais pour le Comité de Bâle, deux autres facteurs expliquent le reste des écarts: les différences de modèles internes, et l’approche des superviseurs nationaux.
Les normes de Bâle actuelles permettent ainsi aux banques d’utiliser différentes méthodes pour le calcul de la Value at Risk (VaR), l’un des indicateurs de risque de marché permettant d’aboutir à un niveau de capital réglementaire. Morgan Stanley a démontré l’an dernier les limites de cet instrument en changeant sa méthode. Les nouveaux éléments introduits par le paquet «Bâle 2.5», comme l’IRC (incremental risk charge), encore plus complexes à calculer, accentuent les écarts entre établissements. Le rapport du Comité de Bâle ne se prononce pas, en revanche, sur la pertinence de ces modèles internes.
Par ailleurs, les superviseurs nationaux n’appliquent pas tous les mêmes multiplicateurs pour convertir les VaR calculées par leurs banques en exigences en capital.
Reste que le Comité de Bâle ne peut quantifier la part de chacun de ces critères. «La qualité des informations fournies n’est pas suffisante pour permettre aux investisseurs et aux autres parties d’évaluer ce qui, dans les écarts, reflète les différences de risque, et ce qui résulte des autres facteurs», regrette le rapport.
Ce dernier réclame donc aux banques des reportings trimestriels, plus détaillés et plus transparents, notamment sur les hypothèses retenues pour le calcul des modèles internes, qu’il souhaite harmoniser davantage.
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