Le Comité de Bâle dénonce «l’habillage de bilan» bancaire
Dix jours après la publication d’une étude de la Banque centrale européenne (BCE) démontrant que les grandes banques européennes s’adonnent à des pratiques d’optimisation réglementaire en faisant de «l’habillage de bilan», le Comité de Bâle a lancé un rappel à l’ordre. «L’habillage de bilan de la part des banques est inacceptable», juge le Comité, qui appelle les banques et autorités de contrôle à «veiller au respect constant du ratio de levier». La pratique consiste à clore certaines positions à la fin du trimestre pour améliorer de manière transitoire le ratio de levier présenté au superviseur, et ainsi éviter une potentielle surcharge en capital.
Le Comité demande aux banques de mesurer certaines expositions «sur l’ensemble des périodes de déclaration», et encourage notamment les autorités de contrôle à mettre en place des contrôles entre les périodes de reporting. D’autres mesures, en termes d’exigences de fonds propres ou de transparence, pourraient être mises en place à l’avenir.
Les banques pourront toutefois se consoler avec l’autre annonce du Comité de Bâle, qui ouvre la voie à un traitement prudentiel plus favorable des dérivés compensés pour le compte de leurs clients, une demande de longue date des grandes banques. Seuls les membres des chambres de compensation (CCP) y ont accès directement, mais les réformes mises en place depuis la crise financière au niveau international visent à généraliser le recours à celles-ci, ce qui augmente la demande de services d’intermédiation pour les banques membres des CCP. Dans le cadre actuel du calcul du ratio de levier, lorsqu’un client dépose une marge initiale auprès de sa banque pour la compensation de son contrat dérivé, celle-ci est considérée comme un actif au bilan de sa banque et donc incluse dans le dénominateur de son ratio de levier, ce qui force la banque à augmenter ses fonds propres pour maintenir un ratio de levier stable.
Après des études favorables aux arguments des banques émanant notamment de la Banque d’Angleterre et de l’ACPR, et suite à l’engagement pris lors de la finalisation de Bâle 3, le Comité de Bâle est prêt à amender le ratio de levier, et a lancé une consultation ouverte jusqu’au 19 janvier. Il précise toutefois que les banques devront «fournir des arguments concrets et robustes» pour obtenir gain de cause.
Plus d'articles du même thème
-
La Chine entend accélérer le déploiement des véhicules électriques autonomes
Selon le nouveau plan automobile publié par Pékin, les véhicules à énergie nouvelle représenteront 70% des voitures particulières neuves qui seront commercialisées en 2030. -
Le futur SFDR se précise malgré les tensions sur les énergies fossiles
Les nouveaux projets fossiles échappent à l'exclusion. Les eurodéputés préfèrent durcir les critères plutôt que fermer la porte aux fonds de transition. -
L’AMF débusque les failles des gérants sur les conversations téléphoniques
Dans sa dernière synthèse d’un contrôle «Spot», le régulateur français s’est intéressé à la gestion des enregistrements des conversations téléphoniques par les gestionnaires d’actifs.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
Contenu de nos partenaires
-
MithridateBruno Retailleau cherche l’antidote pour s’immuniser contre le poison du retrait
A chaque interview, le candidat de droite doit désormais écarter l'idée d'un retrait au profit d'Edouard Philippe. Pour se sortir de ce piège, il mise sur la radicalité et le temps long -
Gros coupA New Delhi, les pays des Brics défendent leur vision du monde d'aujourd'hui et de demain
Réunis dans la capitale indienne pour leur 18e sommet, les onze pays membres représentant les économies émergentes de la planète ont fait la démonstration de leur cohésion à un moment où l'incertitude domine les relations internationales -
Midterms : le Texas, Etat de tous les dangers pour Donald Trump
Le président américain mise tout sur le candidat républicain Ken Paxton pour conserver sa majorité au Sénat. Mais les risques de défaite s'accentuent