Le co-directeur général de Deutsche Bank est menacé par des enquêtes judiciaires
Jürgen Fitschen se retrouve de nouveau dans le viseur de la justice allemande. Le co-directeur général de Deutsche Bank fait partie des suspects dans l’affaire Kirch. Il est soupçonné par des procureurs de Munich d’avoir fourni des informations incorrectes, dans le cadre d’une plainte au civil déposée il y a dix ans pour prouver la culpabilité de la banque dans l’effondrement du groupe de médias de Leo Kirch. Deutsche Bank a réagi en estimant que les soupçons contre son patron sont infondés.
Plusieurs anciens membres de son état-major sont déjà visés par l’enquête en cours, notamment ses ex-directeurs généraux Rolf Breuer et Josef Ackermann et son ancien président Clemens Boersig. En décembre dernier, un tribunal de Munich avait jugé le groupe partiellement responsable de la chute de l’empire Kirch. Deutsche Bank a demandé la révision du jugement auprès de la cour fédérale allemande.
Depuis décembre, Jürgen Fitschen fait aussi l’objet d’une enquête pour fraude fiscale aux crédits carbone. Comme le directeur financier du groupe et d’autres salariés, il est soupçonné d’avoir signé des déclarations fiscales qui ont depuis dû être révisées. Si la banque a déclaré coopérer avec les autorités, Jürgen Fitschen juge sans fondement les accusations formulées à son égard.
Malgré ces ennuis judiciaires, le conseil de surveillance de Deutsche Bank a décidé, le 29 octobre, d’étendre la durée de son mandat jusqu’à fin mars 2017, pour l’aligner sur celui d’Anshu Jain, l’autre co-directeur général. Tous deux ont pris les rênes de Deutsche Bank en juin 2012.
Jürgen Fitschen, 65 ans, était le responsable des activités en Allemagne, et Anshu Jain, 50 ans, celui de la banque d’investissement de Deutsche Bank. Ils ont d’ores et déjà renforcé les fonds propres du groupe, tout en s’attelant à solder le passé. Au troisième trimestre, la banque a quasiment annulé ses bénéfices en mettant de côté 1,2 milliard d’euros pour risques juridiques, ce qui porte à 4,1 milliards d’euros ses provisions pour litiges.
Elle fait partie des six établissements sur le point d’être mis à l’amende par la Commission européenne pour manipulation présumée du taux interbancaire Euribor, a dévoilé Reuters. Ironie du sort, Deutsche Bank a dû réintégrer quatre traders soupçonnés d’avoir participé à la fraude sur un autre indice, le Libor, suite à la décision d’un tribunal prud’homal de Francfort, a révélé Bloomberg.
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