Le CIF transmettra en juin son plan de résolution à Bruxelles
Bruxelles devrait avoir en main le plan de résolution du CIF avant l’été. L’Etat et François Morlat, le nouveau directeur général, en finalisent le contenu pour le transmettre courant juin à la Commission européenne. Depuis le 22 février, le Crédit immobilier de France peut se refinancer avec la garantie provisoire de l’Etat. Il doit obtenir un feu vert définitif de Bruxelles avant le 22 août.
Les grandes lignes du plan sont connues. Les activités incapables de se financer sans garantie publique seront gérées en extinction. Dans les faits, depuis que l’Autorité de contrôle prudentiel l’a obligé à durcir ses critères, le CIF ne produit quasiment plus de prêts : autour de 50 millions d’euros par mois, contre 3,8 milliards d’euros sur l’ensemble de 2012.
Les activités viables, elles, seront cédées. Il s’agit de filiales – la Banque Patrimoine & Immobilier, le courtier Assurances & Conseils, la Sofiap, société commune avec la SCNF – et des sociétés financières régionales (SFR) qui portent l’activité. Des appels d’offres ont été lancés. «Nous espérons enregistrer des offres de reprise sur plusieurs filiales d’ici le milieu de l'été, indique François Morlat. Nous avons aussi reçu des marques d’intérêt régionales concernant les SFR et nos implantations en région», dont les agences peuvent intéresser un repreneur.
Le succès du processus déterminera les impacts sociaux. Le CIF emploie 2.400 salariés. Il en faudrait beaucoup moins pour gérer une mise en extinction complète. La Banque Postale, qui vient de signer un accord donnant la priorité au recrutement de salariés du CIF pour développer son activité de prêts à l’accession sociale, ne pourrait en reprendre que 300 sur 2013-2014.
La répartition du boni de liquidation entre l’Etat et les actionnaires reste un sujet de discussion. Bénéficiaire (34 millions) sur 2012 mais en perte au second semestre, le prêteur affiche 2,4 milliards de fonds propres pour 34 milliards d’encours. Ses dirigeants jugent élevée la probabilité de récupérer à terme un boni significatif. «Le CIF est tout sauf une bad bank ou une machine à subprimes», souligne François Morlat, qui s’appuie sur un audit commandé à Deloitte.
Si le prêteur a durci ses provisions sur certains dossiers comme Apollonia, d’où une hausse de 38% du coût du risque en 2012 à 77 millions, «il n’y a pas de dégradation particulière du risque, notamment sur la clientèle historique du CIF», précise le DG.
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