Le CIF touchait déjà ses limites au second semestre 2011
Attendus depuis plusieurs semaines, les comptes annuels du Crédit immobilier de France ont enfin été publiés. Ils témoignent déjà de l’essoufflement du modèle du prêteur spécialisé au deuxième semestre 2011, avant que les menaces de dégradation de Moody’s en février ne le coupent des marchés et ne le contraignent à un adossement inévitable.
Malgré une production équivalente au premier et au second semestres, de 2,5 milliards d’euros, le groupe a souffert d’un tassement de ses marges. Le produit net bancaire, de 472 millions sur l’année, n’a atteint que 222 millions entre juillet et décembre, un recul de 9% sur un an. Même trajectoire pour le résultat brut d’exploitation: à 72 millions au deuxième semestre, il chute de 32% sur un an. En résultat net, le repli est de 35%.
Le CIF reste malgré tout profitable, avec 50 millions de bénéfice net sur l’année. Son coût du risque quasiment divisé par deux par rapport à une année 2010 où il avait provisionné le dossier Apollonia, une fraude massive à l’immobilier défiscalisé qui a touché plusieurs banques en France. Mais le problème du groupe reste la quasi-absence de dépôts. Le CIF affiche un total de bilan de 41 milliards d’euros, dont 33,6 milliards de financement à la clientèle. Ces encours sont refinancés à hauteur de 25,6 milliards à fin mai 2012 par des obligations sécurisées, que Fitch a placées hier sous surveillance négative, et le solde par de la dette senior non sécurisée.
Alors que HSBC, banque conseil de l’établissement, a ouvert la semaine dernière les procédures de due diligence, «nous tablons toujours sur un adossement du CIF à la Banque Postale», estiment les analystes de Tullett Prebon. L’hypothèse d’un rachat par des fonds circule aussi. «Si un fonds trouve un refinancement peu cher sur la partie dette senior non sécurisée, il peut réaliser un bon retour sur investissement en deux ou trois ans, en fonction de la décote qui sera appliquée sur les 2,4 milliards d’euros de fonds propres du CIF», estime un proche du dossier.
Mais ce schéma ne réglerait pas la question du modèle du Crédit immobilier de France, qui a besoin de s’adosser à une signature de qualité. On verrait donc mal l’Autorité de contrôle prudentiel s’en accommoder. De même, faire racheter par des fonds un établissement lié au puissant mouvement HLM, et spécialiste de l’accession à la propriété, serait difficile à vendre sur le plan politique.
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