Le chiffrage des besoins des banques espagnoles est jugé plutôt optimiste
L’exercice de transparence n’a qu’à moitié convaincu. Pour les analystes, le chiffrage des besoins en capital du secteur bancaire espagnol, réalisé par Roland Berger et Oliver Wyman, est plutôt optimiste. Le premier cabinet de conseil a estimé à 52 milliards d’euros la rallonge en fonds propres nécessaire en cas de scénario pessimiste ; le second l’établit dans une fourchette de 51 à 62 milliards d’euros. Loin des 90 milliards d’euros estimés par BNP Paribas, et de l’enveloppe de 100 milliards promise au pays.
Les deux cabinets ont il est vrai procédé à une approche «top down», sur 14 banques représentant 90% du secteur. Le chiffrage «bottom up» réalisé à partir de l’audit des comptes de chaque établissement, plus précis, doit sortir le 31 juillet. Roland Berger et Oliver Wyman se sont fondés sur le même scénario macro pour 2012-2014, en partie calé sur celui du FMI. Il prévoit sur la période une contraction de 6,5% du PIB, une chute de 26% des prix de l’immobilier et de 72% du foncier, une remontée du chômage à 27,2% et un effondrement de l’indice boursier de 56%.
Le scénario apparaît donc sans concession, mais pas dénué d’incohérences, selon BNP Paribas. Avec la même hypothèse de contraction de l’économie, «nous prévoyons un taux de chômage supérieur, en ligne avec sa relation historique au PIB», estime Ricardo Santos, économiste de la banque. Autre curiosité: alors que le stress test est bâti sur un ratio de solvabilité core tier one de 9% dans le scénario de base, ce seuil est ramené à 6% pour le calcul des besoins dans le scénario stressé.
Tullett Prebon s’interroge, lui, sur le calcul des pertes à venir. Celles-ci seraient concentrées sur les prêts aux promoteurs (100 à 110 milliards d’euros) et sur les entreprises (75 à 85 milliards), selon Oliver Wyman. «Les pertes attendues sur le portefeuille de prêts hypothécaires de seulement 22-25 milliards nous semblent sous-estimées, sur un encours total de 600 milliards», souligne le courtier.
Enfin, l’évaluation des besoins en capitaux «tient compte d’une génération de bénéfices probablement trop optimiste de 64-68 milliards sur la période 2012-2014», relève Tullett Prebon. Des résultats surtout à mettre au crédit de BBVA et Santander, qui n’ont pas besoin aujourd’hui d’être renflouées, a indiqué la Banque d’Espagne. Les prêteurs purement domestiques, au contraire, seraient sans doute en perte.
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