Le bulletin de santé des banques européennes reste incomplet

Les banques espagnoles et italiennes gardent une exposition élevée aux risques souverains, montrent les données de l’EBA
Amélie Laurin

Les analystes restent prudents. Publiés lundi soir, les résultats de l’«exercice de transparence» mené par l’Autorité bancaire européenne (EBA) se gardent bien de juger la solidité des banques. Après ses tests de résistance très critiqués, et dans l’attente de la méthode de ceux qui seront menés l’an prochain par la Banque centrale européenne, deux grandes tendances émergent néanmoins des 700.000 données compilées : le retour à des expositions souveraines élevées et le renforcement des fonds propres. Sur ces deux aspects, certains groupes espagnols et italiens semblent déjà dans le viseur des analystes.

Sur les 1.647 milliards d’euros de dette souveraine européenne détenus fin juin par les 64 banques analysées, 48% sont des actifs disponibles à la vente (AFS), par opposition au trading book et aux titres détenus jusqu’à maturité.

Dans cette catégorie, «les banques italiennes et Santander restent les plus exposées à la dette souveraine», pointe Jean Sassus, analyste chez Oddo Securities. UniCredit et Intesa Sanpaolo détiennent les plus gros portefeuilles, avec respectivement 59 milliards et 52 milliards de titres AFS, dont 39 et 49 milliards de dette italienne. L’espagnole Santander affiche 40 milliards de titres espagnols, deux fois plus que BBVA, et le plus gros portefeuille de titres souverains tous continents confondus (69 milliards), devant BNP Paribas (67 milliards). Cette dernière est désormais davantage exposée aux obligations souveraines belges et italiennes qu’aux françaises (10 milliards). Le Crédit Agricole et BPCE restent plus gourmands en OAT, avec 37,6 et 21,8 milliards d’euros de titres AFS.

Côté fonds propres, National Bank of Greece, Santander et BBVA, l’italienne Banco Popolare et l’autrichienne Raiffeisen affichent les moins bons ratios core tier 1 des banques cotées, relèvent les analystes de Citi.

«Si l’on exclut les CoCos et actions de préférences souscrites par les gouvernements, alors Banco Popular (en Espagne, ndlr) et Bank of Ireland sont également faibles, comparées à leurs pairs», poursuivent-ils. Le core tier 1 moyen est passé de 11,2% à 11,7% au premier semestre, mais «il s’agit d’une base CRD 3, rappellent les analystes de Credit Suisse, qui chiffrent à 73 milliards d’euros le déficit de fonds propres des banques de l’UE. Quelques éléments CRD 4 sont rendus publics mais pas suffisamment pour en déduire des ratios de capitaux CRD 4», du nom de la directive qui transpose Bâle 3.

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