Le Brexit met à l’épreuve les succursales de banques européennes
La grogne monte au sein des banques européennes installées au Royaume-Uni. Au cours des derniers mois, l’attention s’est concentrée autour des plans de délocalisations en Europe continentale des banques étrangères (hors UE) et britanniques situées à Londres. Or, les banques européennes opérant outre-Manche ne seraient pas épargnées : en avril, Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, a averti qu’en l’absence d’un accord de sortie, la PRA, l’autorité de régulation prudentielle, pourrait être amenée à superviser directement l’ensemble des établissements européens utilisant un passeport pour exercer outre-Manche.
La PRA s’attend à ce que les succursales dotées de dépôts significatifs entament des discussions avec le superviseur sur la possibilité de changer leur statut en filiale. «Cette éventualité n’a pas été bien reçue par les succursales des banques européennes installées à la City, indiquait hier Peter Snowdon, associé au sein du cabinet Norton Rose Fulbright lors d’une table ronde à Londres. L’hypothèse de l’établissement d’une filiale supposerait des coûts supplémentaires importants et présenterait un certain nombre de défis pour les banques concernées : la plupart opèrent en effet de façon intégrée en Europe et défaire les liens serait compliqué».
A l’heure actuelle, les banques européennes ont le choix d’opérer au Royaume-Uni sous le statut de filiales et/ou de succursales. Cette deuxième option reste plus simple et moins chère : les établissements n’ont pas besoin d’avoir leurs propres réserves en capital et en liquidité et peuvent continuer à être supervisés par leur régulateur national. Dans une étude publiée l’an dernier, BCG Consulting estimait entre 30 et 40 milliards d’euros la facture en capital consécutive à l’établissement d’une filiale outre-Manche pour l’ensemble des banques européennes.
Du côté français, BNP Paribas opère outre-Manche sous le statut de succursale et emploie plus de 6.500 salariés. Avec environ 4.000 salariés, Société Générale possède une succursale et des filiales au Royaume-Uni. «Nous pouvons réajuster notre configuration si nécessaire, souligne un porte-parole du groupe. Cependant, étant donné que les négociations n’ont pas encore démarré, il serait prématuré de commenter».
Les banques, tous statuts confondus, ont jusqu’au 14 juillet prochain pour envoyer à la PRA le détail de leurs projets post-Brexit. Y compris, pour les succursales, leur opinion sur la possibilité de se transformer en filiales…
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