Le bénéfice de Commerzbank victime de l’immobilier britannique
Deuxième banque allemande, Commerzbank a enregistré une baisse de son bénéfice net de 84% à 43 millions d’euros au deuxième trimestre 2013. Cette chute brutale reflète le ralentissement économique dont souffre l’Europe où les taux d’intérêt sont faibles, mais aussi du fait de lourdes provisions dans l’immobilier. Au premier semestre, le bénéfice net de la banque a reculé à 51 millions d’euros contre 625 millions durant la même période de 2012.
Durant le deuxième trimestre de 2013, les provisions pour pertes sur crédits ont augmenté de 33% à 537 millions d’euros, en grande partie à cause des prêts dans l’immobilier d’entreprise au Royaume Uni. Sur les six premiers mois de l’année, la banque a englouti 630 millions d’euros pour repositionner son portefeuille de prêts et se délester de ses crédits britanniques. En juillet, Commerzbank a cédé 5 milliards d’euros de son portefeuille de prêts outre-Manche à Wells Fargo & Co et Lone Star Funds avec une décote de 3,5% sur sa valeur comptable. En juin la banque a toutefois porté son ratio de fonds propres « core Tier 1 » à 8,4%, contre 7,5% trois mois plus tôt, après avoir vendu pour 2,5 milliards d’euros d’actions. Commerzbank a réaffirmé son objectif d’accroitre ce ratio à 9% avant la fin 2013.
En 2009, la banque en grande difficulté a dû être secourue par l’Etat fédéral qui lui a versé 18,2 milliards d’euros dans la foulée d’une délicate fusion avec Dresdner Bank. Sa forte exposition à la dette grecque a depuis coûté de lourdes dépréciations à Commerzbank. Un plan de restructuration de grande ampleur a été mis en œuvre peu après la nomination de Martin Blessing au poste de directeur général, en mai 2008, prévoyant notamment le départ de 5.200 des 45.000 salariés du groupe d’ici à 2016. Au début de l’été, l’agence Standard & Poors a abaissé la note de la dette à long terme de Commerzbank à A- et l’a placé en perspective négative au motif que les mauvaises conditions économiques ne l’aideraient pas à augmenter ses recettes durables.
Last but not least, la deuxième banque allemande va par ailleurs s’attaquer aux effectifs de son « top level» management en supprimant deux postes au sein du Directoire et environ 20% des 55 directeurs « first-level », des changements justifiés en interne par une structure devenue « trop complexe ».
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