L’autorité de contrôle européenne de l’assurance met en garde contre les activités de financement
A l’heure où l’on reparle de la montée en puissance du shadow banking (lire l’Agefi du 19 novembre), l’avertissement du président de l’autorité européenne de contrôle de l’assurance (Eiopa) ne passe pas inaperçu. Lors d’un discours prononcé à l’occasion de la conférence annuelle de l’autorité, Gabriel Bernardino a mis en garde les assureurs contre la tentation de marcher sur les plates-bandes des banques.
«Si les compagnies d’assurance développent lourdement leur activité dans des domaines non traditionnels ou non assurantiels, alors elles doivent s’attendre à être traitées vis-à-vis de ces activités comme si elles étaient des banques», a prévenu Gabriel Bernardino. Avec le nouveau cadre prudentiel qui se dessine pour le secteur bancaire, la tentation est grande pour les groupes d’assurance d’investir dans des domaines tels que le financement de l’immobilier commercial ou les investissements d’infrastructures. Ces investissements peuvent être de nature à remplir leurs engagements vis-à-vis de leurs souscripteurs.
«Nous devrions être particulièrement attentifs à tout type de transformation de maturité ou de levier dans le secteur de l’assurance», a ajouté le président de l’Eiopa. L’autorité travaille actuellement avec des homologues à travers le monde sur une liste d’assureurs jugés d’importance systémique qui pourraient menacer la stabilité du système financier international en cas de dérapage.
Par ailleurs, Gabriel Bernardino a pressé la Commission européenne, le Parlement européen et les Etats membres de débloquer la situation sur Solvency 2. «Nous avons besoin d’un engagement fort des institutions politiques européennes vis-à-vis de la mise en oeuvre de Solvency 2», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il semblait peu probable que Solvency 2 puisse entrer en vigueur avant 2016. Il a indiqué que l’Eiopa cherchait à adopter certains éléments de la nouvelle réglementation avant de la date de démarrage. «Le plus grand risque que nous voyons à l’heure actuelle est la balkanisation, avec chaque pays introduisant leurs propres modifications», affirmait récemment Oliver Baete, directeur financier d’Allianz.
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