L’assureur PICC pourrait redonner des couleurs au marché des IPO à Hong-Kong
Hong-Kong a perdu de sa superbe sur le front des introductions en Bourse. Après avoir mené la danse durant trois années au niveau mondial, grâce notamment à sa situation idéale de point de passage depuis la Chine continentale, la «région administrative spéciale» peine à séduire les investisseurs et candidats à la cotation.
Après le record atteint en 2010 avec 70 milliards de dollars de capitaux levés selon Dealogic, avec notamment les introductions d’Agricultural Bank of China ou d’AIA, les IPO à Hong-Kong n’ont permis de récolter que 6,2 milliards cette année. De quoi faire plonger la place au cinquième rang mondial, derrière le Nasdaq, le Nyse, Tokyo et Kuala Lumpur.
Selon des sources concordantes toutefois, une opération pourrait venir ranimer la flamme au cours des prochaines semaines, en l’occurrence l’arrivée de PICC, People’s Insurance Company of China. L’assureur pékinois n’a pas fait mystère de ses prétentions, son président Wu Yan déclarant en août «attend(re) une bonne fenêtre pour l’IPO», le groupe venant alors d’abandonner son idée d’une double cotation à Shanghai et à Hong-Kong pour concentrer son attention sur cette seconde place.
La fenêtre semble désormais ouverte. PICC pourrait partir à la rencontre des investisseurs dès cette semaine, avec l’ambition de se voir valorisé jusqu’à 125 milliards de yuans, l’équivalent de 15,8 milliards d’euros. 16% du capital élargi pourraient être offerts aux investisseurs.
Mais PICC pourrait devoir revoir ses prétentions à la baisse, afin d’assurer sa cotation dès le 7 décembre selon le Wall Street Journal, au regard d’un appétit encore incertain du marché et après que la cession de 11,3% du capital en mars 2011 au Fonds national de Sécurité sociale a valorisé le groupe à moins de 90 milliards de yuans. Il s’agirait quoi qu’il en soit de la plus importante opération de l’année à Hong-Kong devant le 1,4 milliard d’euros levé par le courtier chinois Haitong en avril.
L’empressement de PICC est peut-être favorisé par la prochaine annonce de règles renforçant le cadre réglementaire des IPO à Hong-Kong, notamment en ce qui concerne la responsabilité des banques organisatrices des opérations.
Revers de la médaille des années d’euphorie, certains émetteurs ont pu tirer parti de leur domiciliation hors de Hong-Kong en termes de transparence pour décevoir le marché sur les résultats ou la gouvernance.
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