L’assurance serait à nouveau mise à contribution pour renflouer l’Etat
Le secteur de l’assurance fait encore office de poche profonde pour un gouvernement en quête de ressources. Les Echos ont publié hier ce qu’ils présentent comme le détail des 10 milliards d’euros de hausses d’impôts appliquées aux entreprises prévues par le gouvernement. Parmi elles figure le relèvement de la taxe sur les flux qui constituent la réserve de capitalisation des compagnies et mutuelles d’assurances. Le taux, fixé à 10%, passerait à 15% ou 16%.
La réserve de capitalisation – disposition typiquement française – est alimentée par les plus-values constatées lors de la cession d’obligations et diminuée des moins-values. Point important, ces fonds sont éligibles aux fonds propres; ils peuvent donc être utilisés – au choix de l’assureur – pour couvrir les besoins de marge de solvabilité.
Créée en 2010, la taxe prévoyait un prélèvement exceptionnel (exit tax) sur le stock des réserves constaté à la fin de l’exercice payable en 2011 et 2012, puis un prélèvement annuel sur le flux. Le gouvernement avait évalué le produit de la tranche exceptionnelle à 1,7 milliard d’euros environ. Avec la mesure en projet, qui consisterait donc à taxer les flux 2012 à 15% ou 16%, le gouvernement espérerait collecter 800 millions d’euros en 2013.
«Avec la baisse des taux d’intérêts, les assureurs sont tous en très fortes plus-values latentes. Augmenter la taxe dans ce contexte est ainsi plus indolore qu’en période où les taux sont élevés», souligne un expert. Par exemple, les portefeuilles obligataires de Groupama présentaient 1,9 milliard de plus-values latentes au 31 décembre 2011. En outre, les assureurs devraient être diversement affectés dans la mesure où la constitution d’une réserve de capitalisation n’est pas obligatoire. Cette réserve suppose également que des cessions aient été réalisées cette année.
En revanche, cette réforme, si elle était confirmée, pénaliserait les assureurs fragilisés pour qui la réserve de capitalisation constitue un moyen important pour renforcer leurs fonds propres. «Beaucoup de groupes mutualistes ont pour habitude d’autofinancer une partie de leurs capitaux réglementaires», rappelle l’expert.
Les représentants du secteur semblent avoir été pris de cours par la publication de l’information. La Fédération française des sociétés d’assurances explique à L’Agefi qu’elle «n’a aucunement été informée par les pouvoirs publics et n’a de ce fait aucun commentaire à formuler».
Plus d'articles du même thème
-
OpenAI dévoile Jalapeno, sa première puce IA
Conçue en partenariat avec Broadcom, la première puce d'OpenAI a été pensée pour fonctionner avec les modèles du créateur de ChatGPT et ceux d'autres entreprises pour moins cher. -
Alan enchaîne les levées de fonds pour nourrir ses ambitions
Trois mois après avoir levé 100 millions d’euros, la licorne française de l’assurance santé en ligne boucle un nouveau tour de table à 480 millions d’euros et fait entrer le fonds néerlandais Prosus et le family office britannique Dara Holdings au capital. -
C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
Après l'introduction en Bourse de SpaceX à New York, le grand public est invité à souscrire à celle du Slip Français à Paris. Pas à celle du groupe de défense franco-allemand KNDS, autrement plus significative pour la souveraineté européenne. Un deux poids deux mesures étonnant.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
Contenu de nos partenaires
-
Canicule historique : qu'est-ce que le plan Orsan, dont le niveau a été rehaussé par l’exécutif ?
Pour faire face à l’épisode caniculaire qui touche la France (72 départements en vigilance rouge jeudi), le Premier ministre a relevé à trois (sur une échelle de quatre) le niveau du plan Orsan. Il s’agit du principal dispositif national de gestion des crises sanitaires, qui cherche à coordonner les moyens des acteurs du système de soin pour faire face à un événement exceptionnel -
Le mustA ne pas rater cette année aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence 2026
Perdu dans les allées du parc Jourdan ? Petite sélection parmi les 80 plénières, sessions et controverses du programme officiel des Rencontres 2026, autour de six axes complémentaires : environnement et ressources ; économie et finance ; social ; géopolitique et relations internationales ; industrie, tech & innovation ; politique & société. -
La culture crée de la richesse et du ruissellement
« Les subventions ne sont pas des cadeaux : elles sont des leviers », écrit le violoncelliste et chef d'orchestre Pejman Memarzadeh. « Mais elles doivent être accompagnées d’exigence : bilans, objectifs, résultats, questionnaires de satisfaction. La culture ne vit pas que de subventions (...) mais sans soutien public, elle ne peut jouer son rôle d’intérêt général »