L’aide publique historique accordée à Bankia inquiète marchés et épargnants
Le titre Bankia a cédé hier plus de 13% à la Bourse de Madrid. Jose Ignacio Goirigolzarri, son président se veut pourtant confiant et promet qu’après son assainissement, Bankia serait un institut «solide, efficace et rentable».
Dès vendredi, le dirigeant annoncait la couleur: pour recapitaliser son établissement, il aura besoin d’une aide record de 19 milliards d’euros supplémentaires, qui s’ajoute à un prêt de 4,5 milliards récemment transformé en participation. C’est normalement le Frob, le fonds de restructuration bancaire espagnol, qui injectera en juillet les 19 milliards d’euros dans BFA, la matrice de Bankia, laquelle souscrira ensuite à une augmentation de capital de 12 milliards d’euros de Bankia, selon la télévision espagnole RTVE.
Il ne s’agit donc pas d’un prêt, comme l’annoncait vendredi midi la vice-présidente du gouvernement, Soroya Saenz de Santamaria. Le lendemain, José Ignacio Goirigolzarri précisait devant la presse: «il s’agit de capital (...) Il ne faudra rien rembourser. On devra créer de la valeur pour les actionnaires, qu’ils viennent du secteur public ou privé». Pourtant en début de l’année, le gouvernement Rajoy ne cessait de marteler que le secteur bancaire devait se renflouer lui même et qu’il n’était pas question d’injecter de l’argent public. Selon des sources gouvernementales citées par Reuters, Madrid envisagerait de recapitaliser Bankia avec des titres de dette souveraine, qui seraient échangés contre des actions de la banque en difficulté.
Pour ajouter à la confusion, des doutes planent désormais sur la transparence des bilans d’un établissement qui croule sous les actifs toxiques immobiliers. Certains experts parlent de maquillage des comptes de Bankia. BFA a fait part hier d’une perte nette du groupe de 3,3 milliards d’euros l’an passé et non plus d’un bénéfice de 41 millions.
Le spectre d’un éventuel sauvetage européen se profile à l’horizon même si le chef du gouvernement Mariano Rajoy s’en défend: «Il n’y aura aucun sauvetage de la banque espagnole», insiste-t-il. Pourtant l’inquiétude augmente et l'écart de rendement entre les obligations espagnoles à 10 ans avec les Bunds allemands de même échéance ont atteint 512 points de base.
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