Apollo Management pâtit des relations de son fondateur Leon Black avec Jeffrey Epstein.
Publié le
Laurence Pochard
Athora, filiale d’Apollo, fait partie des candidats au rachat d’Aviva France.
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Bloomberg
Les investisseurs institutionnels deviennent extrêmement sensibles à la réputation de leurs gérants. Par exemple à celle d’Apollo, dont la filiale Athora fait partie des candidats au rachat d’Aviva France. La filiale du poids lourd de l’investissement alternatif (414 milliards de dollars sous gestion) est une holding dotée d’un capital permanent de l’ordre de 4 milliards d’euros, chargée d’acquérir des compagnies d’assurance-vie ou des portefeuilles d’actifs cédés par des assureurs, le plus souvent en gestion extinctive. Parmi les investisseurs de sa poche de capital permanent – qu’on peut qualifier de fonds de private equity evergreen - se trouvent des fonds de pension (28%), des fonds souverains (20%), des gérants d’actifs (17%) ainsi que des family offices, banques, etc. Ces 4 milliards ont pour but de lui permettre de consolider le marché européen.
Or, certains fonds de pension ont fait part de leur vive désapprobation envers le cofondateur d’Apollo, Leon Black. Ce dernier a admis être resté en relation avec Jeffrey Epstein, le financier tombé en disgrâce pour de graves affaires de mœurs, après la révélation de ses actes en lui virant au moins 50 millions de dollars, comme l’a dévoilé le New York Times, sans qu’il lui soit reproché quoi que ce soit d’illégal. Les responsables d’Apollo indiquent que le gérant d’actifs n’a jamais travaillé avec Epstein, que ce dernier n’a pas investi dans ses fonds. Une enquête interne a toutefois été lancée, et l’affaire effraie des investisseurs.
Ainsi, le fonds de pension Pennsylvania Public School Employees’ Retirement System (PSERS) a informé Apollo qu’il n’envisageait plus d’investir dans ses fonds pour le moment. «PSERS suit de près les affaires juridiques en cours et l’enquête interne qui vient d’être lancée chez Apollo», a commenté le fonds de pension dans une communication citée par Bloomberg. L’agence note également que les fonds de pension sont connus pour être vite refroidis par les nouvelles négatives impliquant leurs gérants et que certains avaient vu grandir leurs inquiétudes à propos de la relation Black-Epstein depuis plus d’un an.
Une porte-parole de cinq fonds de pension new-yorkais (228,67 milliards de dollars sous gestion) a déclaré dans un communiqué être très «troublée» par ces informations et «suivre la situation de près en accord avec notre devoir fiduciaire». Cambridge Associates, qui gère environ 32 milliards de dollars pour le compte d’investisseurs institutionnels, a indiqué à Bloomberg envisager de cesser de recommander les fonds d’Apollo.
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