L’affaire du Libor pourrait contraindre le président de Barclays à la démission
L’affaire du Libor n’en finit pas de faire des vagues. Mis à l’amende de 360 millions d’euros par les autorités américaines et britanniques pour avoir volontairement soumis de fausses informations au marché en manipulant le taux de référence Libor dans le but de rassurer sur sa position financière et favoriser ses opérations sur les marchés dérivés, Barclays est passé dans le viseur des autorités britanniques et ses dirigeants sont assis sur un siège éjectable. Marcus Agius, président de Barclays ainsi que de l’Association des banquiers britanniques (BBA) devrait ainsi annoncer dès aujourd’hui sa démission des fonctions qu’il exerce au sein de la banque depuis janvier 2007. Il pourrait être remplacé par Michael Rake, président de BT Group et membre du conseil de Barclays depuis 2008.
Même si Marcus Agius s’apprêterait, selon le Financial Times, à dire que «la responsabilité de Barclays s’arrête avec moi», son départ ne sera pas de nature à mettre fin au scandale. Le directeur général de la banque a été assigné à comparaître devant des parlementaires britanniques le 4 juillet pour s’exprimer sur le scandale, alors que des rumeurs sur son implication personnelle ont émergé hier. Bob Diamond aurait ainsi été en relation en 2008 avec Paul Tucker, un des membres de la Banque d’Angleterre et souvent cité pour succéder à Sir Mervyn King, sur la fixation du taux Libor. Suite à cette discussion, des opérateurs de Barclays auraient indiqué qu’ils avaient reçu l’aval de la BoE pour baisser leurs offres sur le Libor.
Barclays n’est pas la seule impliquée et son homologue RBS aurait même licencié quatre de ses traders fin 2011 pour leur implication présumée dans l’affaire, selon l’AFP. Les quatre principales banques britanniques ont accepté de verser des dédommagements à leurs clients suite à des informations erronées concernant des produits de couverture de taux.
Le gouvernement a ordonné samedi un examen scrupuleux du fonctionnement du marché interbancaire par une instance indépendante. Aucune accusation au pénal n’a jusqu’ici été portée mais la brigade financière a été chargée d’enquêter, et des voix se sont élevées ce week-end au Royaume-Uni pour un durcissement de la loi afin que les banquiers indélicats répondent de leurs actes devant la justice. «Le responsable des investigations veut parler à toutes les parties concernées, la BoE, la FSA et ceux qui utilisent le Libor», a déclaré Mark Hoban, secrétaire au Trésor.
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