L’affaire de la baleine de Londres prend un tournant pénal aux Etats-Unis
La coopération de Bruno Iksil –qui a fait perdre 6,2 milliards de dollars à JPMorgan en avril et mai 2012– avec la justice américaine commencerait à porter ses fruits. Alors que le trader français, surnommé la «baleine de Londres» en référence à la taille de ses positions sur le marché des dérivés de crédit, échapperait, selon l’agence Reuters, aux poursuites en raison de sa collaboration, l’étau semble se resserrer autour de deux autres anciens salariés de JPMorgan, l’Espagnol Javier Martin-Artajo et le Français Julien Grout.
Confirmant les informations publiées par le New York Times vendredi dernier, Bloomberg et Reuters croient savoir que les autorités américaines envisagent d’engager des poursuites pénales contre ces deux banquiers dans les jours qui viennent et de demander leur extradition. Ces derniers seraient accusés d’avoir dissimulé les pertes accumulées par Bruno Iksil. En tant que responsable de la stratégie de trading de crédit au sein du Chief Investment Office (CIO), équipe où opérait la «baleine», Javier Martin-Artajo était son supérieur hiérarchique, tandis que Julien Grout travaillait sous la responsabilité de son compatriote. Le ministère public étudierait également la possibilité de sanctionner JPMorgan elle-même.
Plus précisément, la justice américaine se demande dans quelle mesure le CIO n’a pas cherché à maquiller les pertes d’Iksil en gonflant la valeur des positions inscrites dans les livres de comptes de la banque. Reuters indique que des communications montrent que le trader aurait demandé au CIO de vendre des positions, mais aurait reçu la consigne de continuer à les accroître.
Selon Bloomberg, la police britannique serait passée au domicile londonien de Julien Grout la semaine dernière, mais ce dernier serait reparti en France. Son avocat Edward Little, du cabinet Hughes Hubbard & Reed, a précisé à l’agence que son client «n’est pas en fuite» et qu’ils «n’attendent aucune décision relative à l’enquête avant l’automne».
Le moment tombe mal pour JPMorgan. En effet, la banque négocie actuellement un accord à l’amiable avec la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain des marchés, dans l’affaire de la «baleine». Parallèlement, les autorités britanniques mènent leur propre enquête: la Financial Conduct Authority cherche à savoir si l’établissement a communiqué suffisamment d’informations concernant le risque qu’il prenait. Aucune décision n’est attendue avant plusieurs mois.
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