L’actionnariat salarié conserve tout son intérêt pour les financières
La crise financière a mis à mal les actions des banques et des compagnies d’assurance. Mais les campagnes d’actionnariat salarié n’ont pas pour autant été ralenties. En ces temps troublés, s’il devient plus compliqué de convaincre les salariés, dont certains sont échaudés par la dégringolade de leurs titres, leur soutien peut être d’autant plus important face aux perspectives de consolidation de plus en plus insistantes.
L’assureur Axa a annoncé hier les résultats de son offre «Shareplan 2010», destiné à l’ensemble de ses collaborateurs ainsi qu’aux agents généraux ayant un mandat individuel (obligatoire depuis 2008). Dans un contexte qui a vu le titre perdre 30% depuis un an, l’opération a connu un succès moindre que l’année précédente. Comme en 2009, elle a été ouverte à 40 pays: 22% de l’effectif concerné y a pris part (près 26.500 collaborateurs), contre 24,8% en 2009.
Mais la finance est un secteur où cet actionnariat reste important. Selon la société d’analyse OFG Recherche, les collaborateurs des entreprises du CAC 40 détiennent en moyenne 3,1% du capital (3,3% retraités des augmentations récentes). Or, au terme de l’opération, les collaborateurs d’Axa détiennent 6,5% de son capital (7% des droits de vote), contre 5,9% au 31 décembre 2009. Le modèle reste la Société Générale. La fidélité de ses salariés est considérée comme l’une des raisons du succès de sa résistance à l’OPA de BNP Paribas en 1999. Ses salariés détiennent 7,49% du capital depuis le plan mondial annoncé en juillet 2010, qui a emporté l’adhésion de 63% des collaborateurs français (aucun taux n’est communiqué pour l’ensemble du groupe). On note là aussi un recul par rapport à 2009 (73%).
La baisse tendancielle de la mobilisation semble plus marquée chez BNP Paribas, qui ne communique pas de données sur ses programmes annuels (qui existent depuis 1993). Fin 2009, la banque a vu le poids de ses salariés passer sous le niveau de 2007, à 5,8% – contre 6,4% au 31 décembre 2008 et 5,9% fin 2007, selon son rapport annuel 2009. «Certains salariés ont profité des déblocages anticipés, notamment pour réorienter leur épargne vers l’épargne retraite», explique un connaisseur.
Même en recul, ces marques de soutien ne sont pas négligeables, à l’heure où le capital est une denrée rare: les salariés ont par exemple apporté 330 millions d’euros à Axa et 159 millions à la Société Générale.
Plus d'articles du même thème
-
Berkshire Hathaway accélère ses rachats d’actions malgré un trimestre médiocre
La baisse des résultats du conglomérat américain provient en grande partie de la contre-performance de ses activités d’assurance et de réassurance. -
Le risque politique sur la tech tétanise Wall Street
Les actions américaines, notamment liées à l’IA, ont légèrement rebondi vendredi mais après une des pires chutes des valeurs technologiques la veille. Les investisseurs se veulent prudents malgré la baisse des valorisations. Les risques sont encore trop élevés. -
« La hausse des bénéfices du S&P 500 devrait surtout compenser des valorisations exigeantes »
François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Bras de ferPrimaire, immigration : sous pression, Edouard Philippe accélère
Critiqué pour ses propos sur l'immigration, déstabilisé par le débat sur la primaire, le candidat Horizons a cinq semaines pour s'extirper du piège -
EditorialProgramme de Jean-Luc Mélenchon : on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas
Après la publication de son programme et son meeting du Bourget, nous savons exactement ce qui nous attend si le candidat insoumis est élu président de la République -
AffichageProposition d'adoption d'une règle d'or en urgence : le coup de com' de Bardella
Le président du parti à la flamme réclame au gouvernement un projet de loi constitutionnelle pour adopter une règle d’or budgétaire. Objectif affiché : « avoir, dans un délai de quelques semaines, un cadre clair pour faire aboutir le budget 2027 »