L’ACPR soutient les modèles internes des banques françaises
En demandant «Comment les pondérations de risque diffèrent-elles parmi les banques?» dans une étude publiée en mars et menée sur les portefeuilles «entreprises» des banques françaises, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) apporte sa pierre à un débat brûlant: le bien-fondé de l’approche par modèle interne (IRB) dans le calcul des actifs pondérés par le risques (RWA) des banques.
L’ACPR s’est penchée sur les portefeuilles de crédit aux entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions d’euros. Elle a établi des comparaisons entre cinq grandes banques françaises, à portefeuille identique, pour séparer les effets liés aux paramètres de risque. Sa méthode se fonde sur un échantillon de contreparties communes.
«L’analyse révèle que les banques présentent des taux d’actifs pondérés des risques ou taux de RWA (ce taux est défini comme le ratio: actifs pondérés des risques / expositions en cas de défaut) similaires, hormis une banque qui se distingue par un conservatisme supérieur», indique l’ACPR.
Ces banques présentent également des probabilités de défaut (PB) assez proches. En revanche, leurs pertes en cas de défaut («loss given default», LGD) sont plus hétérogènes, et représentent donc le facteur important de disparité des taux d’actifs pondérés des risques. Les différences de LGD peuvent être liées à la diversité de méthodes dans leur calcul, en particulier concernant la constitution des garanties et les procédés de recouvrement.
«Si nous pensons que les différences de LGD ne sont pas justifiées, il pourrait être alors envisagé d’augmenter l’harmonisation dans le calcul de la LGD en mettant davantage l’accent sur la surveillance et les méthodologies utilisées pour les calculer. Par conséquent, dans le débat sur le rôle de l’approche IRB, cet article suggère qu’au lieu d’éliminer cette approche pour les grandes entreprises, le cadre actuel devrait être adapté afin de restaurer la confiance dans les modèles internes», conclut l’ACPR.
L’étude rappelle que certains opposants à ces modèles internes estiment qu’ils sont sources d’erreur, voire que les banques en manipulent les paramètres pour minimiser les charges en capital. Les réflexions sont toujours en cours sur l’opportunité d’une réforme de ces modèles, et sur la manière de réduire les éventuels écarts injustifiés entre banques sur les actifs pondérés des risques.
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