L’ACPR s’interroge sur le modèle des néobanques
L’essor des banques en ligne et des néobanques interpelle l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Dans une étude publiée mercredi, le superviseur bancaire français s’est livré à une analyse des modèles économiques de ces nouveaux acteurs, et pointe les incertitudes sur leur développement. Si l’ACPR note que les banques en ligne et les néobanques ont «réussi à s’installer dans le paysage bancaire français pourtant mature», ainsi que leur rôle «dans la course à l’innovation», l’institution s’interroge sur l’évolution de leur rentabilité.
Réalisée grâce à un panel de 12 établissements mélangeant enseignes de grands groupes bancaires, nouveaux entrants en provenance d’autres industries et fintech, l’étude estime que leur part de marché est de 6,5% sur le marché français, dont 3,9% pour les seuls comptes courants. Un différentiel qui s’explique par un positionnement historique, dès les années 2000, orienté vers l’épargne financière et le courtage. Avec l’essor des offres de comptes courants et de crédits immobiliers, désormais au cœur de la stratégie de conquête, le secteur a cependant conquis 1,3 million de clients en 2017 selon l’ACPR, soit 33,5% de la conquête globale.
A moyen terme, ces acteurs doivent cependant continuer à conquérir des clients pour rentabiliser leur activité, pénalisée par des revenus par client mesurés par le superviseur à seulement 138 euros du fait d’une politique tarifaire offensive. «Si les acteurs sondés dans notre étude ambitionnent un total de 13,3 millions de clients à fin 2020 (soit un triplement du fonds de commerce, ndlr), aucun élément ne laisse présager une croissance du marché français», estime l’ACPR.
Outre une démographique faible, l’ACPR pointe un repli récent de la multibancarisation, retombée à seulement 31% en 2017 selon le cabinet Bain. L’ACPR pointe par ailleurs des taux d’équipement dans le crédit ou l’assurance demeurant encore faibles, à respectivement 10% et 20%. Les clients des néobanques sont en outre inactifs à 14%, et 23% d’entre eux seulement font de l’établissement leur banque principale.
L’autre défi des nouveaux acteurs de la banque consistera à maîtriser leurs coûts. Selon l’ACPR, le coefficient d’exploitation moyen est de 138%. Il est notamment grevé par des dépenses marketing et des frais liés aux offres commerciales pouvant représenter jusqu’à 24% du PNB. «Pour ces nouveaux acteurs, l’enjeu sera de savoir s’ils pourront à terme réduire ces dépenses de marketing tout en conservant les clientèles acquises», juge l’ACPR.
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