L’ACPR muscle ses sanctions contre le blanchiment
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) montre les crocs dans la lutte contre le blanchiment. Le régulateur français a prononcé deux sanctions d’un million d’euros le 25 novembre et le 2 décembre à l’encontre de deux banques: la Caisse d’Epargne du Languedoc-Roussillon et la Banque Chaâbi du Maroc, filiale française de la Banque centrale populaire, premier établissement financier marocain.
La commission des sanctions de l’ACPR les a condamnées pour plusieurs manquements au dispositif de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT).
La commission a estimé que la Caisse d’Epargne n’avait pas mis en place une classification des risques adaptée, que son système de surveillance et de détection des opérations atypiques était «lacunaire» et que ses procédures de traitement des anomalies n’étaient pas adéquates. De telles carences ont ainsi conduit à «de nombreux défauts de déclarations de soupçons». L’ACPR n’a donc pas retenu l’argument de la Caisse d’Epargne, qui renvoie à BPCE, son organe central, la responsabilité du pilotage du dispositif LCB-FT du groupe dans le cadre d’une approche consolidée.
La sanction relative à la Banque Chaâbi – qui aurait pu être plus sévère si cette dernière n’avait pas remplacé ses dirigeants et mis en place un programme de mise à niveau – souligne notamment des lacunes dans la connaissance et la surveillance de certains clients et dans l’obligation de déclaration à Trafin, ainsi qu’une insuffisance de moyens affectés au contrôle interne.
La relative lourdeur des amendes fait écho à deux sanctions prononcées à l’encontre de la Société Générale et d’UBS. Sous les feux de l’actualité, la banque helvétique a écopé d’une sanction record de 10 millions d’euros en juin dernier. Entre autres griefs, la commission lui reprochait d’avoir ignoré les avertissements de son audit interne, faisant état de «graves soupçons» concernant des opérations de blanchiment de fraude fiscale.
Il y a un an, la commission avait condamné la Société Générale à une amende de 500.000 euros, dans le cadre d’un vaste audit mené en 2010 et 2011 auprès des grands acteurs de la banque privée en France. La synthèse de ces 17 contrôles avait révélé des «insuffisances significatives» aux obligations de lutte contre l’argent sale, comme des failles entre sociétés mères et filiales établies à l’étranger, une absence de classification des risques, voire la sous-traitance des obligations de vigilance.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester