L’accouchement de la directive CRD4 s’annonce difficile
La proposition, qui transpose les nouvelles règles édictées par le Comité de Bâle, se retrouve sous les feux croisés des lobbyistes et de certains Etats
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Florence Autret, à Bruxelles
La Banque des règlements internationaux à Bâle. Photo: Pierre Gleizes REA
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A deux mois de la publication attendue de la version européenne des règles dites de Bâle 3, la mise en circulation au sein de la Commission européenne d’une nouvelle version provisoire de directive sur les exigences en capitaux des banques (CRD4) a fait monter d’un cran la tension. Sept pays européens, dont le Royaume-Uni, ont écrit la semaine dernière au commissaire Michel Barnier, pour critiquer cette version.
Selon les informations publiées par le Financial Times Deutschland vendredi, ces pays, parmi lesquels l’Espagne et le Royaume-Uni, jugent que le texte lie excessivement les autorités nationales en les empêchant de se montrer plus exigeantes que la règle européenne. Les ministres vont jusqu’à estimer qu’en l’état, il «porterait atteinte à la stabilité financière de l’Europe et à la crédibilité de l’Union européenne en la matière ».
Jusqu’à présent, c’est surtout le lobbying bancaire qui s'était fait entendre contre une mise en œuvre trop rapide et trop ferme des ratios de liquidité. Or d’après plusieurs sources bancaires, le texte mis en consultation donnerait effectivement plus grande satisfaction à l’industrie. «Nous avons l’impression d’avoir été entendus au sujet du risque qu’il y avait à donner un caractère trop figé aux ratios de liquidité, ce qui aurait entraîné une anticipation des ratios par les marchés», a indiqué l’une d’elles à L’Agefi. La précédente version retenait des dates fixes de mise en œuvre des ratios de liquidité, alors que les nouvelles règles édictées par le Comité de Bâle insistent sur la nécessité de procéder à des études d’impact avant toute mise en œuvre.
L’industrie continue cependant à contester certains aspects de la proposition, comme la définition des actifs liquides ou les hypothèses retenues pour calculer les besoins en liquidité, jugées trop sévères. Vendredi, à Paris, le chef d’unité à la Commission européenne en charge du dossier, Mario Nava, a ouvertement critiqué le lobbying bancaire. « Je le dis avec beaucoup de respect. Je crois que les banque ont fait une erreur de communication fantastique », a-t-il dit.
Devant les ministres des finances réunis à Bruxelles, Michel Barnier avait rappelé mardi sa détermination à adopter des propositions qui «reflèteront l’équilibre général de Bâle». Il avait souligné qu’un travail de «calibrage» restait à faire sur la liquidité. Le risque est que le texte se retrouve coincé entre l’enclume du lobbying bancaire et le marteau des protestations des Etats membres.
Axel Plichon, cofondateur et responsable du développement d’Eleva Capital, explique à L'Agefi les raisons de l’ouverture d’un grand bureau à Milan. Revenant sur l’année 2025, il confie que d’autres stratégies que les fonds phare ont attiré des flux. Enfin, il se dit peu intéressé par la croissance externe.
Interrogé par Les Echos sur la crise de confiance «inédite» que traverse le marché du crédit privé aux Etats-Unis, Justin Muzinich, PDG de la société d’investissement Muzinich & Co, spécialisée en la matière, estime qu’il s’agit «du cycle financier habituel» où «l’abondance nourrit les excès» et certains «perdent de vue la relation entre risque et rendement». S’il estime que «des opérations méritent d'être passées au crible dans le secteur de l’assurance aux Etats-Unis», le marché du crédit privé «n’est pas assez important pour causer un risque systémique». Il ajoute que les limites de retraits imposées dans certains fonds semi-liquides vendus aux particuliers n’a rien de surprenant, les fonds ayant appliqué leurs règles de fonctionnement.
Entre vacances dans des cliniques cinq étoiles, cure de sommeil et régime ultime, le bien-être et la santé sont désormais au cœur des préoccupations. Quand le corps devient un projet, l’industrie du luxe s’adapte aussi.