La zone euro reste divisée sur le rôle de la BCE dans la supervision bancaire
Le débat est plus vif que jamais entre pays de la zone euro pour définir quelles banques ont vocation à être surveillées directement par la Banque centrale européenne dans le cadre du système de supervision intégré proposé en septembre par la Commission européenne. L’Agefi a eu confirmation que les négociateurs des Etats membres travaillaient sur un système de seuil permettant de distinguer entre établissements restant en pratique sous la coupe des autorités nationales et les autres. L’initiative est venue de l’Italie, par ailleurs principale défenseure, avec la France, d’une mise en place rapide de cette première étape de l’union bancaire. A la surprise générale, Rome a pris la tête d’une initiative conjointe avec Berlin et La Haye.
Selon Bloomberg, la présidence chypriote a mis sur la table cette semaine un document proposant divers seuils en fonction de la taille du bilan ou du rapport entre la taille du bilan et le produit intérieur brut. Mais, selon nos informations, ces propositions sont très préliminaires et n’ont permis de dégager aucun consensus lors d’une réunion des diplomates des Vingt-Sept jeudi. D’autres options sont à l’étude, basées sur le périmètre géographique de l’activité ou encore tenant compte de la structure des bilans.
En revanche, le principe de seuils semble largement acquis au niveau du Conseil. Il devrait mécontenter vivement la Commission européenne qui insiste sur le principe d’une pleine responsabilité de la BCE sur les 6.000 banques de la zone euro.
La France qui n’était pas partisane à l’origine d’un tel système de seuils s’est ralliée au mouvement, tous les Etats membres étant, selon une source proche des négociations, demandeurs. Pour Paris, l’essentiel est de maintenir le principe de la compétence ultime de la BCE et d’éviter la création d’un système à deux vitesses qui, selon elle, pénaliserait les établissements portugais, espagnols ou irlandais et pourrait entraîner une nouvelle crise de liquidité.
Michel Barnier était jeudi à Berlin où il s’est longuement entretenu de ce sujet avec le ministre des finances Wolfgang Schäuble. La Commission européenne et/ou la présidence chypriote pourraient faire circuler un nouveau texte en vue de la réunion des ministres des finances des Vingt-Sept qui pourrait durer toute la journée de mardi. Les ministres doivent déminer le terrain afin de permettre un accord politique entre chefs d’Etat et de gouvernement qui se retrouvent à Bruxelles les 13 et 14 décembre.
Plus d'articles du même thème
-
Jerome Powell a su rester droit dans les tempêtes
Son mandat de président de la Fed se termine ce vendredi 15 mai. Il aura fait l’objet de critiques sur son biais plus «accommodant» en 2021. Des critiques cependant plus faciles a posteriori au vu de la complexité des chocs exceptionnels auxquels il a été confronté depuis 2020. Et que le banquier central a réussi à piloter en évitant les récessions. -
L’IA américaine se militarise
Le Pentagone a signé des accords avec huit géants de la tech pour utiliser leurs modèles d'intelligence artificielle à des fins militaires. La mise au service de l'IA pour la guerre n’est plus un tabou pour les firmes de la Silicon Valley. -
Alphabet et Amazon se financent aux alpine bonds
Après Alphabet, Amazon vient de boucler sa première émission en franc suisse. C'est un marché très domestique, en croissance, offrant une bonne liquidité, une diversification et de faibles coûts de financement.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : potentiel concurrent de Keir Starmer, le ministre de la Santé démissionne
Wes Streeting, qui pourrait devenir un concurrent de Keir Starmer à la direction du Labour pour pouvoir ravir Downing Street, a annoncé sa démission du gouvernement, jeudi 14 mai -
Hantavirus : les 26 Français cas contacts ont été testés négatifs
Dans le détail, les 26 personnes se composent de quatre passagers du MV Hondius et de 22 cas contacts de la passagère néerlandaise du paquebot, décédée des suites d’une infection. Reste une Française de plus de 65 ans, positive au virus, qui est toujours en réanimation -
Présidence de la Fed : la nomination de Kevin Warsh approuvée par le Sénat américain
Il ne reste plus à Kevin Warsh, candidat de Donald Trump, que de prêter serment avant de prendre ses fonctions pour un mandat de quatre ans. Il devrait présider sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin