La volte-face de Sara Lee déboussole les porteurs obligataires
Plutôt que les aliments solides (charcuteries, desserts…) pour le marché nord-américain, Sara Lee a décidé de scinder sa division boissons (Maison du Café, Senseo). «Cette transaction est davantage qu’une scission d’un segment d’activité, nous sommes en train de séparer une société globale, en deux pure players indépendants, ce qui ajoute de la complexité mais aussi des opportunités», a justifié le président exécutif, Jan Bennink.
Cette volte-face a en tout cas perturbé les porteurs obligataires. La dette va être logée dans une entitée au dynamisme tout relatif, les boissons enregistrant une meilleure croissance des revenus et des marges plus élevées. L’annonce de ce virage stratégique a entraîné une hausse du coût de l’assurance contre le risque de défaut. Le CDS a grimpé de 27,6 points de base (pb) à 149,6 pb, selon CMA. «L’activité des aliments solides est plus basique et demandera un effort plus important en termes d'économies de coût et le gains de productivité pour dégager de la croissance organique», souligne CreditSights. «Nous voyons d’importantes opportunités de croissance venir de notre activité de thé et café», a d’ailleurs renchéri Jan Bennink.
Le groupe vise un niveau de dette moins de deux fois supérieur à l’Ebitda. Cela signifie qu’il devra réduire la dette de 2,4 milliards de dollars à la fin de son exercice 2011 à 1,3 milliard. Sara Lee devrait ainsi rembourser 433 millions de dollars de titres 2,25% arrivant à échéance en mars 2012, puis 500 millions de dollars d’obligations 3,875% de maturité juin 2013. Outre ces tombées 2012 et 2013, 158 millions de dollars de dette à court terme devraient être honorés pour atteindre l’objectif et tendre à une notation «investment grade» pour les deux entités.
Sara Lee peut compter sur une gestion active de sa trésorerie. Le groupe devrait engranger plus de 900 millions de dollars de la vente de son activité boulangerie en Amérique du Nord et entre 700 millions et 800 millions pour l’activité boulangerie internationale et pâte réfrigérée. Quoi qu’il en soit, la scission des boissons semble préparer le terrain à une prochaine vente. «Nous pressentons que l’activité café est celle qui devrait être rachetée étant donné ses marges plus élevées, ses taux de croissance et son empreinte internationale», anticipe CreditSights.
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