La volatilité du Bund devrait revenir sur des niveaux élevés à court terme
La volatilité implicite (VI à 60 jours) du Bund qui était comprise entre 6,50 et 7% depuis le mois de juin a connu une forte croissance au cours des trois dernières semaines pour atteindre un sommet à 8,15%. Les récents développements du marché de la dette en sont responsables. Les difficultés pour trouver un accord sur le plan de sauvetage de l’Irlande, les tensions sur les dettes périphériques avec la mise sous surveillance de la note du Portugal et enfin la contagion à des pays jusqu’à présent immunisés ont clairement posé la question de la survie de l’euro.
Même la dette allemande à long terme a vu sa demande se réduire lors des adjudications. Les investisseurs ont préféré rester à l’écart en raison du climat sans précédent d’incertitudes et de volatilité.
La courbe européenne s’est d’ailleurs repentifiée de 45 centimes sur le segment 2-10 ans depuis mi-novembre par un fort mouvement de bear steepening. Ce phénomène a été largement amplifié par la décision de la BCE de différer sa stratégie de sortie de crise et la prolongation des opérations de refinancement à trois mois.
Conséquence de l’intervention de la BCE , la VI a commencé à refluer (en dépit des rumeurs persistantes sur les limites de la solidarité allemande), tombant de son sommet de 6,60 bp par jour à 5,80 bp. Autrement dit, les marchés semblent écarter le risque de restructuration, du moins pour le moment. Les tensions actuelles sur le 10 ans allemand, repassé au-dessus de 3%, devraient aiguiser l’appétit des investisseurs pour les puts et par voie de conséquence ramener la volatilité sur des niveaux élevés dans les jours à venir. Dans ces conditions la tentation sera grande d’arbitrer ce phénomène sur le segment 2-10 ans en envisageant l’achat de puts Schatz contre l’équivalent sur le Bund.
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