La transformation de Commerzbank est lancée
De la parole aux actes. Commerzbank a annoncé ce jeudi avoir conclu un accord avec son comité central d’entreprise sur un programme de départs volontaires. Il concerne notamment la réduction de 1.700 équivalents temps plein en Allemagne d’ici fin 2021. Dans le rapport annuel, Manfred Knof, directeur général de la banque, disait voulait parvenir à cet accord d’ici à l’assemblée générale initialement prévue en mai, preuve qu’il entend aller vite dans la réalisation du plan Strategy 2024 et ses 1,4 milliard d’économies prévues.
Le deuxième prêteur allemand, qui a connu en 2020 ses premières pertes annuelles depuis 2009, prévoit la fermeture de 340 de ses 790 succursales en Allemagne et 7.500 suppressions nettes d’emploisau total sur 48.500 postes. 190 agences doivent fermer en 2021 et 80% des réductions d’effectifs être atteintes d’ici 2022. L’objectif étant d’atteindre un bénéfice opérationnel de 2,7 milliards d’euros et un rendement des fonds propres RoTE de 7% (-1% en 2020 et 5,2% en 2019) d’ici 2024. La reprise des dividendes est espérée dès 2023.
Avec ces suppressions de postes, la banque comptabilisera 470 millions d’euros en charges de restructuration au premier trimestre 2021, un montant qui prend aussi en compte d’autres charges « pour la restructuration à l’étranger et pour les biens immobiliers ». Après les 800 millions d’euros des charges de restructuration du quatrième trimestre 2020, ces provisions font monter à 1,4 milliard d’euro le total déjà dépensé pour la restructuration du groupe. La banque a annoncé qu’elle dépenserait 1,8 milliard d’euros pour cette fin au total, précisant dans son rapport annuel que le restant devrait être dépensé d’ici la fin de l’année.
C’est pourquoi elle a précisé dans ce rapport s’attendre à une perte nette pour 2021, quoique « nettement inférieure » à celle de 5,7 milliards d’euros enregistrée en 2020. Malgré un bénéfice opérationnel attendu « dans le bas des millions à trois chiffres », ces charges condamnent la banque aux pertes à court terme.
Transformation digitale et gouvernance
« La réduction des effectifs et des coûts n’est bien sûr pas suffisante en soi », a tenu a rappelé dans le rapport annuel Manfred Knof. Le business model se transforme, l’ambition étant de devenir « LA (THE) banque de conseil numérique en Allemagne ». Commerzbank prévoit d’investir 1,7 milliard d’euros dans l’informatique et a renforcé son partenariat avec Google Cloud pour transférer 85% de ses applications sur le cloud d’ici 2024 notamment.
La gouvernance aussi évolue. Après la démission d’Hans-Joerg Vetter pour des raisons de santé mi-mars, Commerzbank croyait avoir trouvé son nouveau président pour son conseil de surveillance avec Andreas Schmitz. Membre de son conseil de surveillance et pressenti comme un candidat potentiel, il a finalement démissionné fin mars. L’Etat allemand, principal actionnaire avec 15% du capital, aurait perdu confiance en lui après que son nom a été mêlé au système d'échange dit cum-ex (arbitrage de dividende) ayant entraîné une des plus grandes enquêtes sur fonds de fraude Outre-Rhin. C’est Helmut Gottschalk, ancien président de DZ Bank, qui sera proposé lors de l’assemblée générale annuelle, initialement prévue le 5 mai mais qui a été repoussée.
Plus d'articles du même thème
-
L’amélioration des comportements de paiement demande confirmation
Altares souligne que la France se distingue favorablement au premier semestre 2026 dans le panorama européen. Avec comme potentielle explication celle d'une discipline plus vertueuse sur le sujet en raison de la mise en place de la réforme de la facturation électronique. -
Le 18e sommet des Brics marque l'approfondissement des travaux communs
Si aucune grande annonce n'a rythmé le sommet de New Delhi, les membres des Brics mettent en scène une volonté de coopération plus étroite sur des sujets multiples, dessinant la construction à long terme d’un groupement de pays liés entre eux par un mode de fonctionnement alternatif. -
La crise de croissance de l'IA fait douter les marchés
Les appels, étonnants, à un ralentissement du développement des modèles d’IA avancée par Anthropic, SpaceX et OpenAI, qui a par ailleurs reporté son introduction en Bourse, provoquent de nouvelles turbulences sur les marchés. Ces derniers continuent de s’interroger sur la monétisation et la rentabilité de ces technologies.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
- La BCE attise la flambée des taux
Contenu de nos partenaires
-
Pot de fleurPourquoi l'armée égyptienne ne réagit pas à la menace houthie sur le canal de Suez
Les Houthis, après leurs récentes avancées, ont plus que jamais la possibilité de perturber le trafic du canal de Suez, qui est une source majeure de revenus pour l'Egypte -
Vertige« On va dans le mur » : la France dans la tenaille des taux d’intérêt
L’ensemble des taux d’intérêt mondiaux grimpe depuis des mois. Mais ceux de la France plus vite encore, résultat de la méfiance qu’elle inspire aujourd’hui sur les marchés -
EditoDette française : la spirale fatale des marchés
La vitesse à laquelle dérapent les taux infligés à la France est le signe que nos prêteurs sont en train de perdre patience envers un pays qui ne respecte jamais ses engagements et qui entre dans l’inconnu d’une campagne présidentielle aux forts relents d’irrationnel