La tornade en Oklahoma pourrait annoncer une saison difficile pour l’assurance
La «saison des ouragans» qui survient traditionnellement aux Etats-Unis entre juin et novembre, aura débuté en avance par une catastrophe sans précédent: les tornades qui ont frappé l’Oklahoma et plusieurs Etats du centre du pays la semaine dernière et tué plusieurs dizaines de personnes entre les 18 et 20 mai derniers, auraient provoqué des dégâts assurés records pour ce type d'événement.
Eqecat, société de conseil spécialisée dans la modélisation et l’évaluation de catastrophes naturelles, estime que le coût des 76 tornades est compris entre 2 et 5 milliards de dollars. «La tornade de Moore, Oklahoma, a touché, à elle seule, environ 13.000 structures et devrait concentrer la majorité des pertes», explique la société dans un communiqué.
D’autres estimations (notamment celles de Peel Hunt et d’AIR Worldwide) font état d’une facture comprise entre 3 et 6 milliards. La précédente série de tornades la plus coûteuse en termes de dommages assurés avait frappé le Missouri en 2011 et provoqué près de 3 milliards de dollars de dégâts.
«Les montants évoqués [pour l’Oklahoma] sont importants dans le contexte des tornades précédentes, mais ils devraient rester dans les bornes des budgets de catastrophes des réassureurs européens», estiment les analystes de Citigroup. Mais il s’agit du premier événement climatique d’une série qui pourrait être longue. Selon l’Université du Colorado, 18 tempêtes sont attendues cette année, contre une moyenne de 12 lors des trente dernières années. La probabilité d’une tempête de catégorie 3 (la plus élevée) atteint 72%, contre 42% en 2012 et 52% au siècle dernier.
Plusieurs assureurs et réassureurs européens sont exposés à la survenance de catastrophes naturelles aux Etats-Unis et sont ainsi susceptibles d’être touchés par une résurgence des ouragans. Allianz a émis vendredi, via Allianz Re, 175 millions de dollars d’obligations catastrophes à trois ans et offrant un spread de 4,25% - pour un objectif initial de 150 millions. Les titres couvrent notamment les pertes provoquées par les ouragans et les tremblements de terre en Amérique du Nord.
Certains assureurs, comme Allianz, Munich Re et Swiss Re ont affiché des comptes de très bonne facture au premier trimestre notamment en raison du faible nombre de catastrophes naturelles. Le français Scor a également évoqué le niveau très réduit de désastres comme facteur expliquant la baisse de son ratio combiné.
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