La titrisation de créances hypothécaires fait trembler les banques outre-Atlantique
Eric Schneiderman ne lâche pas ses proies. Le procureur général de l’Etat de New York a selon Bloomberg une douzaine de banques dans le collimateur concernant leurs pratiques historiques de distribution de Mortgage-backed securities, ou MBS, ces titrisations de créances hypothécaires. Les banques pourraient avoir abusé leurs clients quant à la qualité des produits, en en masquant le risque. Le procureur aurait noué un accord avec au moins une douzaine d’établissements les empêchant de prétendre à une prescription des faits. Une plainte a déjà été déposée cette semaine à l’encontre de JPMorgan (en l’occurrence pour les pratiques de Bear Stearns, rachetée en 2008), une première pour le groupe d’enquête spécial (le Residential Mortgage-Backed Securities Working Group) souhaité par la Maison blanche et composé du procureur de New York, du Département de la Justice et de la SEC. D’autres suivront, a promis mardi Eric Schneiderman, à l’encontre de ceux qui «ont trompé les investisseurs et fait perdre leur maison à des millions d’Américains».
Bien que la liste des établissements visés ne puisse être clairement établie, il semble que Credit Suisse en fasse partie. Reuters relève que la banque helvétique fait désormais l’objet de poursuites formelles de la part du groupe d’enquêtes au sujet de la commercialisation de crédits immobiliers structurés.
Si les acteurs présumés de l’affaire se refusent à commenter, Credit Suisse doit faire face en parallèle à l’officialisation d’une plainte devant un tribunal du Kansas émanant de l’administrateur national des caisses d’épargne, la NCUA (National Credit Union Association). Le plaignant regroupe les affaires concernant trois de ses membres conduits selon lui à la faillite par les mensonges de Credit Suisse concernant la vente de 715 millions de dollars de titres adossés à des créances hypothécaires. La banque aurait volontairement trompé ses clients quant à la qualité de ses produits, leur donnant une image erronée du risque financier encouru. Ce dernier était en réalité «significativement plus important que celui représenté» dans les documents de vente, selon la NCUA. Cette dernière n’en est pas à son coup d’essai, elle a déjà lancé des poursuites à l’encontre de JPMorgan, RBS, Goldman Sachs, Wachovia (repris par Wells Fargo en 2008), UBS et Barclays, et a déjà abandonné ses griefs à l’amiable pour 170 millions de dollars versés par Citigroup, Deutsche Bank et HSBC.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant