La solvabilité constitue la principale faiblesse des assureurs français
La solvabilité ajustée des risques constitue la principale faiblesse des notations des assureurs français, selon Standard & Poor’s (S&P). Alors que leur solidité financière se situe en moyenne dans la catégorie A, leur niveau de solvabilité ajustée des risques est noté BBB, selon le modèle de l’agence. «Ceci est lié à la structure des actifs investis, la France ayant une forte exposition aux actions», indique Emmanuel Dubois-Pelerin, responsable des critères assurance et banque chez S&P.
En dépit de la volonté des assureurs de réduire leur exposition à cette classe d’actifs dans la perspective de Solvabilité 2, la part des actions dans les portefeuilles est restée stable à 11% en 2011. «Les assureurs ne veulent pas enregistrer de pertes», explique Virginie Crepy, directrice associée chez S&P. Par ailleurs, la part de l’immobilier en 2011 a crû à 6%. Alors que S&P anticipe une baisse de 15% des prix immobiliers sur les deux prochaines années, «la majorité des plus-values latentes des assureurs concerne l’immobilier», relève Virginie Crepy. Ces «deux expositions constituent un risque de marché important en France comparé au reste des assureurs européens», conclut S&P.
L’agence perçoit en outre une augmentation du risque de crédit suite aux abaissements de notes souveraines, telles que l’Espagne et l’Italie. «Ces dettes devraient être plus dispersées au sein des assureurs français que pour la dette grecque», estime Emmanuel Dubois-Pelerin.
Face à la volatilité des marchés et aux incertitudes économiques, de nouvelles dégradations sur les notes pourraient intervenir en 2012 et 2013, avertit S&P. «L’orientation des notes au cours de l’année qui vient reste à la baisse», indique Lotfi Elbarhdadi chez S&P, précisant que 56% des perspectives attachées aux notes sont négatives et 12% sont sous surveillance avec implication négative.
S&P s’attend à un environnement plus difficile pour les assureurs vie, du fait d’une concurrence accrue des livrets d’épargne. L’agence prévoit un recul de 11% de la collecte nette en 2012 (-14% en 2011). L’agence entend par ailleurs faire évoluer, d’ici fin 2012-début 2013, sa méthode de notation sur le secteur pour plus de transparence. «Le modèle ajoutera par exemple explicitement une dimension sur les prévisions de résultats», explique Emmanuel Dubois-Pelerin.
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