La Société Générale suit la vogue des agences en ligne
Non contente de toiletter une partie de ses points de vente en France, la Société Générale va aussi céder à la tentation de l’agence virtuelle. De sources internes, la banque s’apprête à lancer une agence en ligne, qui permettra aux clients souhaitant uniquement traiter leurs opérations à distance d’accéder à l’ensemble des produits du réseau, y compris les prêts immobiliers. Basée à Paris et composée de neuf collaborateurs au départ, cette structure sera seulement accessible par internet ou téléphone.
En tant qu’actionnaire de référence de Boursorama, la Société Générale faisait déjà figure de précurseur de la banque en ligne. Mais elle se devait de proposer aux clients de sa propre enseigne une offre 100% internet, un concept qu’un grand nombre de ses concurrents ont déjà adopté.
BPCE a ainsi récemment annoncé son intention d’étendre d’ici à fin juin 2011 à l’ensemble des Caisses d’Epargne l’expérience de monbanquierenligne.fr, l’agence virtuelle créée en début d’année par sa caisse lyonnaise (L’Agefi du 8 novembre). Chaque Banque Populaire sera également équipée d’ici à fin 2011 de son agence en ligne, sous une autre bannière. Ce modèle suit la voie ouverte au début des années 2000 par le Crédit Lyonnais, dont e-LCL a inspiré courant 2008 la Net Agence de BNP Paribas. Avant même le développement d’internet, des caisses de Crédit Agricole avaient mis en place dès les années 90 des solutions de banque à distance, notamment dans les zones rurales.
Le déploiement des agences virtuelles, qui servent de tube à essai de la relation multicanal, va cependant de pair avec une évolution des réseaux «en dur». Signe que l’adaptation du dispositif commercial aux nouveaux usages bancaires (banque sur mobiles, baisse de la fréquentation des agences, etc…) est le sujet du moment.
La Société Générale vient de présenter son concept d’agence du futur, qui intégrera divers éléments interactifs. Chez BPCE, on évoque une convergence entre les deux formats, avec des systèmes de visioconférence dans les points de vente. BNP Paribas va déployer quatre nouveaux formats à compter de 2012, avec là aussi des systèmes permettant de dialoguer à distance, dans les agences, avec un conseiller. La banque de la rue d’Antin inaugurera aussi le 2 décembre à Paris un «mégastore», concept qui commence à se développer en France puisque le Crédit Foncier a inauguré le sien cette semaine.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse