La Société Générale renforce ses capacités de refinancement

La banque a créé un programme de lettres de gage de droit luxembourgeois destiné à refinancer son exposition au secteur public hors collectivités
Antoine Landrot

En mettant en place un programme d’obligations sécurisées au Luxembourg, la Société Générale fait un pas de plus dans sa stratégie de refinancement. La banque, conseillée par Clifford Chance, a structuré un véhicule de droit luxembourgeois, qui émet des lettres de gage.

Dans un premier temps, ce véhicule est destiné à refinancer des portefeuilles de prêts accordés par la Société Générale à une société privée détenue par une entité publique. Par exemple EDF, la Société Nationale Immobilière, filiale de la Caisse des dépôts, ou les Stadtwerke allemandes. Condition: les débiteurs sont issus des pays de l’OCDE.

Un premier placement privé de 900 millions d’euros en quatre tranches a été émis pour le compte d’un investisseur. Les prix se situent entre 0 point de base (pb) au-dessus de l’Euribor 3 mois pour la tranche à un an et 76 pb pour la tranche à 9 ans. «Nous travaillons depuis cinq ans à la création de véhicules sécurisés pour les actifs de la banque notés AAA. Le groupe a déjà émis 30 milliards d’euros de passifs sécurisés sous forme de covered bonds AAA à des conditions intéressantes», indique Pierre Beuzen, responsable mondial secured liquidity & funding: 10 milliards à travers la société de crédit foncier et 20 milliards à travers la société financière de l’habitat.

«Il nous manquait un programme capable de refinancer le risque du secteur public lorsqu’il n’est pas porté par une collectivité publique. Ce type d’actifs est éligible au refinancement à travers les lettres de gage», ajoute Pierre Menet, responsable mondial de structured credit finance à la Société Générale. Le programme dispose d’un montant autorisé de 10 milliards d’euros, sans que cela constitue un objectif.

Ce véhicule est surtout un outil pour tirer le meilleur prix pour des actifs sécurisés notés AAA, pour lesquels il existe un bassin d’investisseurs important.

Autre avantage des lettres de gage: «le régime français des obligations sécurisées ne permet pas de cantonner juridiquement les types d’actifs au sein du bilan d’un établissement de crédit, c’est la règle d’universalité du patrimoine. Au Luxembourg ou en Allemagne, le recours d’un porteur de lettre de gage ne concerne que le canton dans lequel il a investi», explique Pierre Menet.

A travers la lettre de gage, l’émetteur dispose de trois cantons différents: le secteur public, l’immobilier et les actifs mobiliers. Cette granularité facilite également l’analyse des risques.

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