La Société Générale réintègre sa banque en ligne
Alors que Boursorama a publié des comptes 2013 contrastés, la Société Générale veut renforcer son contrôle sur la banque en ligne. Elle possède actuellement 55,5% de son capital, tandis que la caisse d’épargne catalane La Caixa en détient 20,7%. Le flottant représente 20,7% du capital, tandis que le solde (3,1%) est en autocontrôle. La Société Générale a annoncé hier son intention de déposer une OPA simplifiée sur les titres Boursorama non encore détenus par les deux banques. Elle pourrait potentiellement contrôler près de 80% de sa filiale.
La Caixa et la Société Générale ont signé un nouveau pacte d’actionnaires la veille de l’annonce, lequel constitue une action de concert. Dès lors, l’opération, prévue en mai, sera suivie d’un retrait obligatoire si le seuil de détention de 95% était franchi par les membres du pacte. Le prix est fixé à 12 euros par action, soit une prime de 22% au-dessus du cours de clôture de lundi. Il valorise Boursorama à 1,05 milliard d’euros. Dans les livres de CaixaBank, l’entité bancaire de La Caixa, l’action était inscrite à 10,5 euros.
La montée au capital de l’établissement français ne serait pas un prélude à l’acquisition de la part détenue par La Caixa. Les deux partenaires «viennent de renforcer leur coopération et de formaliser leur vision stratégique commune de la banque en ligne en France et en Europe», écrit la Société Générale dans son communiqué. Le précédent pacte datait de 2006.
Si la perte de 36 millions d’euros accusée par Boursorama en 2013 est liée aux dépréciations enregistrées en Allemagne et au Royaume-Uni (à tel point qu’un retrait d’outre-Manche n’est pas exclu), l’activité en Espagne est au contraire source de satisfaction. Le PNB de Self Bank (détenu à 51% par la banque française et 49% par CaixaBank) a progressé de 44% à 10,5 millions d’euros, le nombre de clients de 14% (à 76.000) et la filiale est bénéficiaire (1,6 million).
Le rachat des minoritaires était envisagé depuis l’année dernière par plusieurs analystes. La décision ne devrait donc pas surprendre, d’autant que le prix proposé est supérieur à ce que les professionnels imaginaient à l’époque. Le titre s’est d’ailleurs adjugé jusqu’à 3,1% hier, clôturant la séance en hausse de 2,9% (à 9,83 euros).
L’intérêt de la cotation s’est révélé limité pour Boursorama. Elle ne faisait pas appel au marché et devait communiquer des informations financières détaillées, obligation à laquelle ses concurrents échappent, y compris les filiales de groupes cotés: ING Direct, Hello Bank (BNP Paribas), Fortuneo (Crédit Mutuel Arkéa), Groupama Banque, Axa Bank, etc. «L’arrivée d’Hello Bank ‘bouscule’ Boursorama et pourrait l’obliger à repenser ou renforcer certains aspects de son business model», indiquait Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC Securities, dans une note en novembre. Il estimait qu’un rachat des minoritaires «pourrait émerger des réflexions stratégiques de la SG sur l’accélération de sa stratégie d’offre bancaire en ligne», alors que la concurrence est rude et la rentabilité difficile à trouver dans un secteur pourtant voué à monter en puissance face aux réseaux bancaires physiques.
Demeure le sujet de l’utilisation des fonds propres excédentaires de Boursorama. La banque en ligne affiche un ratio de solvabilité core tier one de 31% au 31 décembre 2013, sans que la croissance de la société justifie un tel coussin. De quoi financer un développement plus ambitieux, ou reverser un généreux dividende exceptionnel.
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