La Société Générale prône l’ambition sans révolution
Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale, était attendu au tournant lors de la présentation du plan «Ambition 2015», tant les interrogations sur l’avenir de la banque sont nombreuses. Il a annoncé des objectifs volontaires pour 2012, comme un doublement du bénéfice net à 6 milliards d’euros, un coefficient d’exploitation inférieur à 60% et un rendement des fonds propres après impôt de 14% à 15%. Mais il exclut une augmentation de capital pour financer d'éventuelles acquisitions.
La Société Générale va, comme annoncé en début d’année, se recentrer sur trois piliers: la banque de détail en France, les réseaux internationaux et la banque de financement et d’investissement (BFI). Les pôles GIMS (gestion, banque privée et services aux investisseurs) et Services financiers spécialisés feront l’objet «d’arbitrages», où seuls les métiers «d’excellence», comme la banque privée, seront conservés. Ils ne représenteront qu’entre 25% et 27% des capitaux alloués par l’établissement en 2012, contre 33% en 2009.
Dans le «modèle de banque universelle» promu par Frédéric Oudéa, la France pèse un poids central à travers des réseaux de la Société Générale, du Crédit du Nord et de la banque en ligne Boursorama. L’acquisition lundi de la SMC lui permettra de se renforcer dans le Sud, à fort potentiel démographique. Le groupe vise une croissance des revenus de 3% par an et un résultat net situé entre 1,4 et 1,6 milliard entre 2010 à 2012.
Mais le rôle de relais de croissance est dévolu à l’Europe de l’Est, où la banque veut figurer dans le top 3. La Russie devra représenter 15% du résultat net du pôle réseaux internationaux en 2012. 700 agences seront ouvertes en Europe centrale. Alors que la part destinée à la banque de détail devrait rester stable entre 2009 (40%) et 2012 (40-42%), «nous allons allouer davantage de capital à ces régions» qui représenteront 20% des revenus du groupe, ajoute Frédéric Oudéa.
La Générale va investir 570 millions d’euros pour satisfaire ses ambitions dans les réseaux. Elle prévoit de réduire ses coûts de 220 millions par an à partir de 2013 ou 2014. Le projet «Convergence» vise précisément à rapprocher les systèmes d’information des réseaux français et à en déployer certaines briques dans les grandes filiales étrangères. Il devra contribuer à faire chuter le coefficient d’exploitation en France à 63% en 2012, puis sous les 60% en 2015.
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